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    Autoformation et multimédia    Didactique    Linguistique    Ingénierie de formation

A propos de la dictée et des TIC

 

Stéphane Morel et collègues

Université Paris 3

Janvier 2006

1. Note préliminaire

Ce texte a été rédigé par Stéphane Morel, étudiant de master 1 à Paris 3 (FLE) à partir des discussions du groupe d’étudiants sur le forum mis en place pendant la formation. Il a été mis en forme par Françoise Demaizière, responsable du groupe.

2. Préambule

On a répété lors de débats récents sur l’école et les méthodes pédagogiques que la dictée ne permet pas d’apprendre mais seulement de contrôler si l’élève sait écrire sans fautes d’orthographe. Si ce constat peut être accepté dans le cas d’un apprentissage de la langue maternelle, il doit être nuancé dans le cas d’un apprentissage d’une langue étrangère.

3. Dictée ou dictées ?

Dans le cadre de l’enseignement de la langue maternelle, la dictée rime souvent avec orthographe et maîtrise du système écrit de la langue. Dans le cadre d’un apprentissage d’une langue étrangère, la dictée peut recouvrir différents domaines. Si avec des apprenants de niveau confirmé, voire intermédiaire, l’enseignant peut envisager une dictée telle qu’il la proposerait à des apprenants natifs de cette langue (l’accent sera donc mis sur la maîtrise de l’orthographe et de la grammaire) ; en revanche, avec des apprenants débutants ou faux débutants, il peut proposer une dictée de mots, voire de sons pour une première sensibilisation progressive de l’écrit (l’accent sera donc sur le rapport phonème / graphème).

4. Quel(s) type(s) de document pour la dictée ?

C’est en fonction du niveau des apprenants et des objectifs poursuivis que l’enseignant choisit le type de dictées le plus approprié : - texte spécifiquement conçu pour travailler la reconnaissance de certains sons, sensibiliser au rapport graphème/phonème, etc. ; - texte authentique pour un travail sur la maîtrise du code écrit, par exemple, avec un niveau plus élevé.

5. Quel type d’oral dans une dictée ?

Pendant un exercice de dictée, l’enseignant lit souvent à haute voix avec une diction la plus claire possible un texte que les apprenants doivent retranscrire le plus correctement possible. Ainsi, il ne s’agit pas d’un oral authentique mais plutôt d’un texte écrit lu de manière surarticulée. L’enseignant précise également souvent la plupart des marques de ponctuation qui apparaissent à l’écrit : points, virgules, guillemets, etc. L’oral de la dictée est donc l’oralisation d’un texte écrit.

Pour que l’exercice se rapproche mieux des préceptes de l’approche communicative, l’enseignant peut utiliser un dialogue entre deux francophones par exemple et en dicter la transcription. Ce document aura le mérite de proposer un oral de la vie quotidienne, ce qui peut nécessiter une pédagogisation variant en fonction du niveau des apprenants : effacement des chevauchements, effacement des blancs, etc.

6. Compatibilité entre la dictée et l’approche communicative ?

La dictée n’est pas forcément compatible avec l’approche communicative puisque l’oral n’est pas spontané, manque de naturel. Le texte écrit oralisé est également décontextualisé. Néanmoins, dans cette même approche où "l’écrit est réhabilité dès les débuts de l’apprentissage" de la langue étrangère (Cours de didactique du français langue étrangère et seconde, J.-P. Cuq, I. Gruca,, PUG, Grenoble, 2002), la dictée semble un bon moyen d’approcher le rapport oral / écrit. La dictée peut permettre une sensibilisation progressive en commençant avec des sons, puis des syllabes et mots pour finir avec des phrases.

Enfin, l’approche communicative intègre la composante phonologique. Une dictée basée sur une liste de paires minimales permet donc un travail sur la discrimination auditive tout en mettant l’accent sur le rapport graphème / phonème.

7. Exercice de dictée et TIC

Les laboratoires de langue ont parfois été utilisés pour des exercices de dictée de sons, mots, phrases plus ou moins longues. Les apprenants devaient retranscrire ce qu’ils entendaient (graphies des sons, voyelles /consonnes dans les mots, mots entiers, etc.) avec l’avantage de pouvoir écouter autant de fois qu’ils le souhaitaient un passage particulier ou l’ensemble de la dictée.

Que se soit dans le cadre de l’apprentissage du français langue maternelle ou du français langue étrangère, plusieurs didacticiels proposent aujourd’hui des exercices de dictée. A titre d’exemple, on peut citer Voicebook, Dictée Branchée ou encore Aquadictées. Ces didacticiels proposent aux apprenants des tâches différentes : si avec Dictée branchée l’apprenant écoute puis retranscrit un texte, avec Aquadictées il réécrira des textes qui défilent à l’écran.

Néanmoins, il faut faire attention à la qualité de la diction, de la variété de français présente dans de tels logiciels, voir si l’apprenant peut accélérer ou non le débit de diction, s’il aura la possibilité de réécouter en boucle un passage précis de la dictée, etc.

8. Conclusion

Pour conclure, on peut rappeler que la dictée ne vise pas toujours une bonne maîtrise de l’orthographe de la langue étrangère. En outre, c’est un exercice qui peut être fait à tous les niveaux, la finalité de l’exercice est alors différente. De plus, dans le cas où l’enseignant confronte ses apprenants avec la langue écrite et donc l’orthographe, la dictée peut sembler être un bon exercice puisqu’elle met en relation l’oral et l’écrit même si l’approche communicative préconiserait d’autres exercices (exercices de productions libres, rédactions de dialogues dans un contexte précis, etc.). Cependant, proposer une dictée à ses apprenants dépend avant tous des besoins de ces derniers et des objectifs que s’est fixés l’enseignant.

9. Sites à consulter

Pour voir :
-  le site de Voicebook ; ne analyse de Voicebook dans la revue Alsic ;
-  le site de Aquadictées ;
-  le site de Dictée branchée.