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Être en résonance avec le monde, les autres et soi-même : Interactions, mobilités et reliance dans l’enseignement des langues - 48e congrès de l’Uplegess - 3-6 juin 2020

 

INSA de Lyon

Thématique et contextualisation

Dans le contexte sociétal, écologique et géopolitique à hauts risques que nous connaissons1, les écoles d’ingénieurs et de management s’engagent avec de plus en plus de détermination à préparer les étudiants à leur futur rôle de décideur responsable et de citoyen averti. L’enseignement des langues est sollicité par les différentes instances (nationales et internationales) d’accréditation et de labélisation à contribuer à l’émergence des compétences transversales et des savoir-être.

À l’ère de l’anthropocène caractérisée par la nécessité de réajuster en permanence notre rapport au monde aux contextes changeants et aux nouveaux défis environnementaux et technologiques4, tout enseignement est confronté à des questions fondamentales qui interrogent sa finalité5 : quels types de relations créons-nous à travers nos interactions ? Comment ces relations se concrétisent-elles au travers de circulations géographiques et numériques ? Comment concevons-nous les diverses formes de mobilité de nos étudiants à travers leurs parcours d’études ? Quel rôle joue notre propre potentiel de reliance6 dans notre capacité de nous connecter au monde, aux autres et à nous- mêmes ? Dans ce monde déstabilisé où se discute dans l’urgence la question cruciale des modalités des engagements physiques ou numériques des agents individuels, collectifs et institutionnels, le 48ème congrès de l’UPLEGESS se fixe comme objectif d’interroger l’action pédagogique de l’enseignant de langue en analysant son apport spécifique à la qualité des relations interpersonnelles.

Parmi les différentes approches théoriques et appliquées susceptibles d’alimenter le débat et de susciter l’action, le concept de la « résonance » développé par le philosophe et sociologue Hartmut Rosa sera appelé à servir d’outil d’analyse pour approfondir notre réflexion sur les enjeux des interactions, des mobilités et de l’expérience plurilingue. La résonance oriente notre regard vers les relations multidimensionnelles et vers l’espace-temps où elles se produisent concrètement. Elle nous invite à percevoir la possibilité d’impliquer davantage toutes les parties prenantes. N’étant pas muet mais agréable, stimulant et motivant, un milieu résonnant a tendance à intensifier davantage les consentement passif (la « consonance ») que l’opposition frontale (la « dissonance »). Un cercle positif de reliance pourra ainsi se former entre les personnes impliquées. Toutefois, la résonance n’ayant pas pour seul but d’intensifier à tout prix la coopération valorise aussi le silence, la solitude ou le détachement.

L’expérience de la résonance nous amène ainsi à nous interroger sur la finalité de nos interactions, et c’est tout particulièrement le cas dans l’enseignement des langues qui met en jeu plusieurs dimensions. Tout d’abord, il faudrait évoquer l’apprenant qui fait face à une langue étrangère. À travers l’étude de la société, de l’histoire et de la culture des populations qui parlent cette langue, il (re-)construit peu à peu son rapport au monde. Chaque cours de langue représente pour sa part un réseau de relations multiples entre ‘les uns et les autres’, aussi bien entre enseignants et apprenants qu’au sein d’une équipe d’enseignants ou d’un groupe d’apprenants. Une autre dimension de la résonance se trouve dans le rapport à soi qui se transforme suite à chaque déplacement physique et mental. Enfin, l’apprentissage est toujours situé dans un espace donné (salle de classe informatisée ou non, centre de langues, amphithéâtre, activité extérieure, etc.). Il est alors aussi impacté par les conditions particulières du milieu comme la luminosité, la température, la temporalité etc.

Objectifs et questionnement

Le 48ème Congrès de l’Uplegess sera donc l’occasion de reconsidérer, du point de vue de la résonance, le rôle que joue l’enseignement des langues pour tous les modes de reliance à un milieu donné (nouveau ou connu) à travers les interactions et les déplacements symboliques et réels. On prendra en considération aussi bien l’expérience de l’apprenant et celle de l’enseignant que l’organisation des cours et les cadres institutionnels dans lesquels se situent les enseignements de langues. Avant de nous demander comment enseigner plus efficacement, prêtons l’oreille aux ondes, c’est-à-dire aux affects8 que nous produisons ou recevons en tant qu’enseignants en exerçant notre métier. Quelle position peut-on prendre si l’on souhaite favoriser la création des espaces de résonance ? Est-il encore possible de concevoir une « vie bonne » dans un milieu de formation, alors que notre société tend essentiellement vers l’accélération des activités et l’augmentation de la productivité ?

Site de l’Uplegess.