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Interactivité, interaction...

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1. Interactivité ou interaction ?

La situation n’est pas toujours très claire (habituel...). On peut noter que, généralement, les linguistes (les spécialistes de sciences du langage) ne parlent d’interaction que lorsque deux sujets humains parlants sont impliqués dans l’échange. Ils réservent le terme "interactivité" à ce qui qualifie l’échange entre un sujet humain et un objet technique (ordinateur ou autre).

Cela n’empêche pas les spécialistes d’informatique de parler d’interaction homme-machine... En didactique des langues il peut être utile de maintenir la différence.

2. Interactivité, définition de base

On parle d’interactivité pour qualifier la capacité d’un dispositif technique de réagir aux commandes et actions de son utilisateur : ainsi un logiciel pédagogique sera (en général) plus interactif que la télécommande de votre téléviseur par exemple.

3. Différents types d’interactivité

On distingue, en général, deux grands types d’interactivité lorsque l’on analyse des logiciels pédagogiques : l’interactivité fonctionnelle ou machinique et l’interactivité intentionnelle ou mentale.

3.1. Interactivité machinique ou fonctionnelle

C’est celle qui vous permet de vous déplacer avec une grande liberté dans un hypertexte, elle concerne la facilité d’usage, de saisie, la flexibilité pour réagir aux commandes de l’utilisateur. Cette interactivité est faible dans un logiciel tutoriel linéaire où l’apprenant doit suivre le cheminement pré-établi par les concepteurs, où il est largement conduit dans son parcours par le logiciel.

3.2. Interactivité intentionnelle ou mentale

Par ce type d’interactivité les concepteurs du produit font "sentir leur présence" à l’utilisateur. Le logiciel tente, par exemple, de simuler un dialogue avec échange des positions : il n’est plus seulement un outil docile et réactif aux commandes envoyées il tente de faire passer une réciprocité dans les échanges en faisant sentir à l’utilisateur la présence des auteurs qui participent ainsi à la communication entre utilisateur et logiciel. De ce point de vue, un hypertexte utilisé pour la consultation d’informations est peu interactif alors qu’un logiciel tutoriel avec une métaphore apprenant / enseignant et de nombreux commentaires détaillés des messages de l’apprenant l’est plus.

4. Lectures complémentaires utiles

Le texte de Didier Paquelin "Analyse d’applications multimédias pour un usage pédagogique. À la recherche de l’intentionnalité partagée", paragraphe 2 dans la revue Alsic.

La distinction entre interactivité machinique et mentale est bien expliquée dans la contribution de Geneviève Jacquinot à l’ouvrage collectif Apprendre avec le multimédia - Où en est-on ? (1997, voir votre bibliographie).

L’ouvrage de F. Demaizière et Colette Dubuisson (De l’EAO aux NTF - Utiliser l’ordinateur pour la formation. Ophrys, 1992) comporte un paragraphe sur l’interactivité (pp. 24-38).