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Principes et actions de formation en langues secondes, en contextes migratoire et pandémique

22 septembre - 23 septembre

(MigrActionsL2_Metz 2022)

Cet appel s’inscrit à la suite du colloque organisé à Metz en septembre 2018 (dont les actes sont parus dans Repères Dorif n° 191 ) et prend pour socle divers dispositifs mis en place pour l’accueil des migrants par la formation linguistique2 . Le contexte dans lequel nous travaillons ayant évolué, la réflexion et les actions que nous menons prennent désormais en compte la crise sanitaire, qui a multiplié les fragilités et les vulnérabilités que le tournant du siècle avait déjà accrues avec la globalisation et, plus encore, du flux des migrations, qui engageaient alors et engagent toujours la responsabilité des sociétés d’accueil (Gardou, 2006, 2012 ; Pinotti, 2006) ; quant aux nouvelles fragilités et vulnérabilités apparues en contexte pandémique, elles concernent notamment la liberté des mobilités, l’accès aux cours en ligne, les impacts de la distanciation sociale.

Face à ce constat, les sciences du langage ont un rôle particulier à jouer parmi les disciplines humaines et sociales, pour se pencher et agir sur les manières et les moyens de mener à bien sinon une politique, du moins des dispositifs d’enseignement/apprentissage des langues qui, dans notre actualité particulière, garantissent le lien social et favorisent l’accueil des migrants, jeunes et adultes, nouvellement arrivés ; c’est ainsi qu’à la suite de la pandémie persistante, a émergé récemment la notion de « linguistique d’urgence » (Emergency Linguistics, cf. Piller et al., 2020 ; Civico, 2021 ; Dreisbach & Mendoza-Dreisbach, 2021), qui élargit les enjeux et les défis de la formation aux langues secondes.

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Au croisement de ces problématiques politiques, sociales, éducatives et linguistiques, soulevées par les formations aux langues-cultures en contextes migratoires et pandémique, nous invitons tout d’abord les communicants à s’interroger sur l’hypothèse suivant laquelle « la langue est la source principale de la connaissance de l’autre » (Charte européenne du plurilinguisme – Préambule, novembre 2005, p. 3), hypothèse qui anime encore aujourd’hui la réflexion linguistique et didactique (cf. Adami 2017 et plus généralement Maurer & Prieur dir. 2017).

Nous les invitons ensuite, en arrière-plan, à se pencher sur la notion de représentations (Havelange et al. 2003), et à la traiter en termes de catégories, catégorisation, stéréotypes, stéréotypie… (Kleiber, 1999 ; Paveau, 2006), afin de donner à nos échanges une assise linguistique, ou la lui préserver, dans le cadre de recherches-actions en didactique des langues-cultures.

Du côté des pratiques, on envisagera ainsi des dispositifs ou des projets de dispositifs interculturels qui visent ou mettent en avant la (re-) découverte autrement dit la (re-) connaissance, la visibilité de l’autre (Honneth, 2000 ; 2020 ; Ricœur, 2004). À ce propos, Remotti (2010 ; 2019) a indiqué qu’il est difficile de se limiter à une définition figée de l’identité, surtout nationale ; Jullien (2016) propose pour sa part de remplacer la notion d’identité culturelle par celle de ressource culturelle. Une telle perspective paraîtrait également importante dans la mesure où les expériences de reconnaissance interviennent ou interviendraient en tant que ressources (psychologiques, cognitives, émotionnelles…) dans les processus d’apprentissage en général, et d’apprentissage linguistique en particulier.

Cette perspective permettrait, par ailleurs, d’envisager les expériences de reconnaissance mutuelle sous l’angle d’une appropriation active du monde environnant, autrement dit des sociétés d’accueil, et de restituer les processus didactiques au cœur de la vie sociale, c’est-à-dire là-même où les besoins sociaux prennent sens, un « bon sens commun » (pour citer Larsson 2008, suivant Kleiber 1997, qui donnent ainsi un tour linguistique à l’intersubjectivité).

Par conséquent, les enjeux sociaux et humains de la didactique des langues-cultures vus comme des processus dynamiques mis en œuvre en tant que ressources situationnelles en cours d’apprentissage devraient permettre de renouveler les pratiques didactiques. S’il est vrai, suivant encore Axel Honneth ou Paul Ricœur, que la reconnaissance ne devient effective que dans l’action et l’interaction, il nous faut alors définir des cadres et des dispositifs où l’acquisition/l’appropriation des compétences, notamment plurilingues et culturelles, mais aussi sociales et techniques, se développent par influences réciproques entre l’individu et son environnement (Brassac, 2010 ; Varela et al., 1993).

Les activités, développées à partir de la reconnaissance, valoriseraient ainsi les langues déjà maitrisées par les apprenants. Cette approche faciliterait la mise à profit des compétences plurilingues dans des situations pédagogiques au sein d’une communauté. La reconnaissance mutuelle permettrait donc de souligner l’importance de ces compétences pour l’épanouissement de l’individu : elle permettrait de former de futurs citoyens linguistiquement et socialement adaptés au monde post-pandémique.

 

Dans ce cadre, les jeunes chercheurs sont invités à proposer une communication suivant divers axes thématiques / problématiques tels que :

  1. Comment le contexte pandémique a-t-il changé les principes/dispositifs de la formation linguistique des migrants ou bien comment a-t-il accru les difficultés liées à ces dispositifs (réduction ou interdiction des mobilités, accès aux cours en ligne, impact de la distanciation sociale) ?
  2. Le contexte pandémique représente-t-il un facteur d’autonomie pour le public migrant ou bien une menace pour/un obstacle à leur « intégration » dans la société d’accueil ?
  3. Dans quelle mesure les approches créatives (pédagogie de projet, pédagogie créative dans le cadre d’ateliers par exemple) constituent-elles des réponses aux problèmes/difficultés rencontré(e)s sur le terrain… ?
  4. Comment les expériences d’apprentissage mettent-elles en lumière l’importance de la reconnaissance entre les sujets dans la classe ?
  5. Quels dispositifs spécifiques sont mis ou sont à mettre en œuvre pour l’apprentissage d’une langue seconde dans un contexte migratoire ?
  6. L’enseignement/apprentissage à distance serait-il une solution ou un risque vis à vis des publics-migrants dans un contexte pandémique ?
  7. Les effets de la pandémie sur un public vulnérable : de quoi parle-t-on s’agissant du public migrant ?
  8. Y a-t-il une relation entre didactique des langues secondes et « linguistique d’urgence » ?
  9. Comment rendre visibles, reconnaissables nos apprenants une fois la langue maîtrisée ?
  10. Comment rendre visible, reconnaissable la participation des apprenants allophones dans la vie sociale ?

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Ressources bibliographiques

Ouvrages, chapitres et articles cités :

ADAMI Hervé, 2017, Politiques linguistiques et politiques d’intégration en Europe : analyse des fondements idéologiques, Revue TDFLE 70, pages 1-33. https://doi.org/10.34745/numerev_1266.

BRASSAC Claude, 2010, La cognition comme produit de l’interaction sociale. Un point de vue pragmatiste, Intellectica 53-54, pages 311-329.

CIVICO Marco, 2021, Covid-19 and language barriers, Ulster University Working Papers 21- 4, 1-24. https://www.ulster.ac.uk/__data/assets/pdf_file/0010/931492/REAL21-4.pdf.

DREISBACH Jeconiah Louis et MENDOZA-DREISBACH Sharon, 2021, Unity in Adversity: Multilingual Crisis Translation and Emergency Linguistics in the COVID-19 Pandemic, The Open Public Health Journal 14-1, pages 94-97. https://openpublichealthjournal.com/contents/volumes/V14/TOPHJ-14-94/TOPHJ-14- 94.pdf.

GARDOU Charles, 2006, Fragments sur le handicap et la vulnérabilité : pour une révolution de la pensée et de l’action, Toulouse, ERES.

GARDOU Charles, 2012, La société inclusive, parlons-en : il n’y a pas de vie minuscule, Toulouse, ERES.

HAVELANGE Véronique, LENAY Charles et STEWART John 2003, Les représentations : mémoire externe et objets techniques, Intellectica 35, pages 115-131.

HONNETH Axel, 2000, La lutte pour la reconnaissance [Kampf um Anerkennung 1992], Pa[1]ris, Les éditions du Cerf (repris en 2013, Paris, Gallimard, coll. Folio-Essais).

HONNETH Axel, 2020, La reconnaissance. Histoire européenne d’une idée [Anerkennung. Eine europaïsche Ideengeschichte 2017], Paris, Gallimard, coll. Nrf-Essais.

JULLIEN François, 2016, Il n’y a pas d’identité culturelle, Paris, L’Herne.

LARSSON Björn, 2008, Le sens commun ou la sémantique comme science de l’intersubjectivité humaine, Langages 170, pages 28-40. https://www.cairn.info/revue[1]langages-2008-2-page-28.htm.

KLEIBER Georges, 1997, Sens, référence et existence : que faire de l’extra-linguistique ? Langages 127, pages 9-37. https://www.persee.fr/doc/lgge_0458- 726x_1997_num_31_127_2123.

KLEIBER Georges, 1999 [1990], La sémantique du prototype, Paris, Presses Universitaires de France. Observatoire Européen du Plurilinguisme Assises Européennes du Plurilinguisme, 2005-2008, (version française). http://www.observatoireplurilinguisme.eu/.

MAURER Bruno et PRIEUR Jean-Marie (dir.), 2017, La Pensée CECRL, Revue TDFLE 70.

PAVEAU Marie-Anne, 2006, Les Prédiscours. Sens, mémoire, cognition, Paris, Presses Sor[1]bonne nouvelle. PINOTTI Andrea, 2016, L’Empathie. Histoire d’une idée de Platon au posthumain, Paris, Vrin, traduit de l’italien par Sophie Burdet.

PILLER Ingrid, ZHANG Jie et LI Jia, 2020, Linguistic diversity in a time of crisis: Language challenges of the COVID-19 pandemic, Multilingua, 39-5, pages 503-515. https://doi.org/10.1515/multi-2020-0136.

REMOTTI Francesco, 2019, L’ossessione identitaria, Bari, Laterza.

REMOTTI Francesco, 2010, Contro l’identità, Bari, Laterza.

RICŒUR Paul, 2004, Parcours de la reconnaissance, Paris, Stock (repris en 2005, Paris, Gal[1]limard, coll. Folio-Essais).

VARELA Francisco J., THOMPSON Evan et ROSCH Eleanor, 1993, L’inscription corporelle de l’esprit. Sciences cognitives et expérience humaine, Paris, Éditions du Seuil.

Comptes-rendus : https://www.cahiers-pedagogiques.com/les-eleves-allophones-entre-reconnaissance-et[1]participation/ https://www.cahiers-pedagogiques.com/naitre-de-nouveau/ Écho : https://www.republicain-lorrain.fr/education/2021/07/03/allophones-les-parents-aussi-se[1]forment-a-la-langue-francaise

 

Dates du colloque : 22-23 septembre 2022

Lieu du colloque : Université de Lorraine, Campus du Saulcy à Metz

Modalité du colloque : En présentiel et en ligne (en fonction de la situation sanitaire)

Langues du colloque : français, italien et anglais

Frais d’inscription : 65 euros (en présentiel) ou 35 euros (en ligne)

Modalité de paiement : sur place ou par virement en ligne

Calendrier de l’appel et procédure de sélection :

Date d’ouverture de l’appel à communications : 04 décembre 2021

Date limite de soumission des propositions : 15 février 2022

Date de notification d’acceptation ou de refus : 31 mars (1ère évaluation) et 31 mai (si 2 onde évaluation) 2022

Date limite d’envoi des résumés : 1 er juillet 2022

Date de diffusion du programme : 15 juillet 2022

Modalités de soumission :

Les doctorant.e.s et les jeunes chercheur.e.s (ayant soutenu après le 1er septembre 2018) sont invité.e.s à soumettre une proposition pour une communication de vingt minutes (suivie de dix minutes de discussion). Les propositions contiendront sur une première page le nom de leur auteur.e et la mention de son rattachement institutionnel, son adresse mail, un titre, une notice biographique (cinq lignes max.) et la mention éventuelle de la soutenance de thèse (date, lieu, titre, jury) ; le tout suivi, sur une autre page, d’un résumé qui ne mentionnera pas le nom de l’auteur.e et sera accompagné de quelques références bibliographiques (sur la même page).

Les propositions de communication devront être rédigées dans la langue prévue pour la communication.

Afin de garantir une meilleure compréhension de la part de tous les participant.e.s, les présentations Powerpoint doivent être rédigées dans une langue différente de celle prévue pour la présentation orale.

Les propositions de communications ne doivent pas dépasser 500 mots (bibliographie comprise).

Chaque proposition sera évaluée en double aveugle par des membres du comité scientifique du colloque.

Les critères de sélection comprendront la qualité du contenu, la pertinence thématique et l’originalité de la proposition.

Les propositions sont à envoyer à : migractionsl2metz2022@pe.me

Il est prévu de publier une sélection de textes issus des communications, suivant la même procédure d’évaluation.

Détails

Début :
22 septembre
Fin :
23 septembre
Catégorie d’évènement:

Lieu

Metz