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Appels à contribution

Évaluer et certifier en langues vivantes : pratiques, compétences, plurilinguisme et transformations technologiques – Date limite : 26 avril 2026

Numéro thématique de la revue Les Langues Modernes, décembre 2026

Cet appel à contributions s’inscrit dans la continuité de deux événements scientifiques récents et étroitement liés dans leurs questionnements. Il fait suite, d’une part, à la Journée d’étude de l’APLV consacrée à l’évaluation en langues vivantes et, d’autre part, au congrès du CLES organisé à l’occasion des vingt-cinq ans de la certification. Ces deux manifestations ont permis de croiser des regards issus de la didactique des langues, de l’évaluation et de la certification, et de mettre en évidence des problématiques communes, tant sur le plan théorique que sur celui des pratiques.

Évaluer, au sens de valere, revient à attribuer de la valeur. En langues vivantes, l’évaluation ne saurait être réduite à un acte technique de mesure. Elle engage des choix pédagogiques, institutionnels et éthiques, et participe à la construction du sens donné aux apprentissages. L’évaluation de l’oral, en particulier, mobilise une pluralité de critères linguistiques, pragmatiques, socioculturels et interactionnels, tout en exposant enseignants et apprenants à une part de subjectivité et à des enjeux affectifs tels que l’anxiété langagière.

La certification constitue un moment spécifique de ce continuum évaluatif. Elle vise à attester, dans un cadre institutionnel donné, de compétences langagières reconnues. Depuis plus de vingt-cinq ans, le Cadre européen commun de référence pour les langues structure à la fois les politiques linguistiques, les dispositifs d’évaluation et les certifications. Il n’en demeure pas moins que la traduction de ses niveaux et descripteurs dans des pratiques effectives continue de soulever des questions, qu’il s’agisse de la définition des compétences, de leur mise en œuvre dans des tâches actionnelles ou de leur comparabilité.

Dans ce paysage, la certification CLES occupe une place singulière. Fondée sur une approche actionnelle et scénarisée, elle conduit les candidats à mobiliser l’ensemble des activités langagières dans des situations proches de contextes académiques ou professionnels. Elle interroge ainsi les relations entre évaluation et certification, mais aussi leur articulation avec la formation. Intégrée, dans certains contextes, au parcours de formation par le biais du contrôle continu, elle peut produire un effet de retour sur les pratiques pédagogiques et évaluatives des enseignants, contribuant à la réflexion sur les compétences effectivement travaillées et valorisées.

Les deux événements à l’origine de cet appel ont également souligné le rôle croissant des technologies numériques et de l’intelligence artificielle dans les pratiques d’évaluation et de certification. Outils d’aide à la conception des épreuves, à la sélection ou à la vérification des ressources, dispositifs hybrides de passation, possibilités d’adaptation à des publics aux besoins spécifiques, les usages se diversifient. Ils s’accompagnent toutefois d’interrogations majeures concernant la validité des résultats, l’équité des dispositifs, la protection des données et la place de l’expertise humaine dans des processus de plus en plus outillés technologiquement.

Par ailleurs, la question du plurilinguisme traverse l’ensemble de ces réflexions. Dans un monde globalisé où la maîtrise d’une seule langue ne suffit plus, la certification des compétences langagières s’inscrit dans des parcours de mobilité, de formation et d’insertion professionnelle de plus en plus diversifiés. Les langues certifiées, les contextes d’usage et les publics concernés invitent à repenser les dispositifs d’évaluation et de certification à l’aune de la pluralité des répertoires linguistiques et culturels.

Ce numéro thématique de Les Langues Modernes se donne ainsi pour objectif de prolonger les réflexions engagées lors de la Journée d’étude de l’APLV et du congrès du CLES, en accueillant des contributions qui interrogent, de manière critique et située, les liens entre évaluation et certification en langues vivantes. Les propositions pourront porter sur les cadres théoriques et méthodologiques de l’évaluation et de la certification, sur l’analyse de dispositifs actionnels et scénarisés, sur les apports et les limites des innovations technologiques et de l’intelligence artificielle, ou encore sur les enjeux liés au plurilinguisme, à l’inclusion et à la diversification des publics.

Les contributions attendues pourront prendre la forme d’articles de recherche, empiriques, théoriques ou méthodologiques, ou de retours d’expérience argumentés portant sur des dispositifs, des expérimentations ou des innovations pédagogiques et certificatives. Elles pourront concerner l’ensemble des niveaux d’enseignement, de la formation initiale à la formation continue, ainsi que des contextes académiques ou socio-professionnels.

Elles sont à adresser à Marie-Claire Lemarchand-Chauvin (marie-claire.lemarchand-chauvin@univ-lorraine.fr), à Annick Rivens (annick.rivens@univ-lille.fr) ainsi qu’à la rédaction des Langues Modernes (redaction.languesmodernes@gmail.com).

Calendrier :
Publication de l’appel : février 2026

Envoi des articles aux coordonnatrices et à la rédaction des Langues Modernes : 26 avril 2026

Réponses aux auteurs suite aux évaluations : fin juin 2026

Retour des articles après intégration des corrections demandées : 20 septembre 2026

Publication : décembre 2026