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L’atelier d’écriture : espace de lecture-production, communication et créativité

1 mars - 2 mars

Facteur indéniable de la réussite scolaire et universitaire, l’écriture se trouve actuellement au centre des préoccupations de tout un courant de la didactique des langues étrangères, influencé notamment par les apports de la génétique textuelle sur le processus rédactionnel. Tous les scripteurs qu’ils soient experts ou novices, alimentés par le sens de la perfection et du travail correct, écrivent, raturent, effacent, déchirent et reviennent souvent sur leurs écrits. À ce sujet, I. Fenoglio et S. Boucheron-Pétillon soulignent le caractère récursif du processus rédactionnel « qui loin de s’inscrire dans une continuité homogène et linéaire, zigzague entre lecture, écriture, relecture, réécriture, hésitations, décisions, bref toutes sortes de tentatives plus ou moins interrompues, plus ou moins continues » (Fenoglio & Boucheron-Pétillon, 2002 :42).

L’un des enjeux des travaux de recherches menés en didactique de la réécriture depuis une trentaine d’année est d’aider les enseignants à modifier les représentations des jeunes scripteurs En effet, la réécriture questionne la représentation non transformiste du texte en mettant en valeur « le caractère dynamique intrinsèque à l’écriture » (Fenoglio & Boucheron-Pétillon, 2002 : 5), prenant ainsi le contrepied d’une conception archaïque selon laquelle « raturer, c’est rater son travail [et] réussir, c’est pouvoir rendre sa copie au premier jet, c’est travailler vite et bien » (Bucheton, 1992 : 130). C’est dans cette perspective que l’intérêt pour les ateliers d’écriture n’a cessé d’augmenter depuis les années 60, au sein de l’école mais aussi hors de ses classes (avec les deux expériences fondatrices d’E. Bing à l’Institut médico-pédagogique, 1976 et celle d’A. Roche à Aix en Provence, 1994).

L’atelier d’écriture est un espace communicatif qui permet de désinhiber l’écriture et de faciliter l’apprentissage en milieu scolaire où l’apprenant s’intègre dans une collectivité et s’investit dans son propre apprentissage « il est à la fois lieu de travail et de création » (Cuq, 2003). Selon Louviot (2012), dans l’atelier d’écriture, il ne s’agit pas seulement de se conformer à des règles, mais d’en jouer aussi. Pour le scripteur, la langue ne constitue pas une contrainte à surmonter afin d’aboutir à des objectifs pragmatiques, mais un terrain d’exploration, de tâtonnements et de réussites. Nombreux travaux menés en didactique de l’écriture ont montré que ce dispositif a des effets positifs sur le texte et sur le scripteur lui-même. (Reuter, 2002, Lafont-Terranova, 2009 ; Robet, 2012 ; Bucheton, 2014 ; Penloup & Petitjean, 2016). En effet, il permet à ceux qui en bénéficient de prendre confiance en eux-mêmes, de devenir autonomes, d’oser écrire, voire de mieux écrire et réécrire. (Niwese et Bazile, 2014).

Les participants aux ateliers développent souvent plusieurs compétences : ils lisent des textes de différents types, ils écrivent davantage, ils discutent et échangent avec les autres. Dans ce sens, Bucheton précise que « le va-et-vient entre les textes lus, le texte écrit, l’analyse rigoureuse des deux, développe de très importantes facultés d’analyse linguistiques qui peuvent favoriser chez l’apprenant des capacités à l’autoévaluation » (Bucheton, 1992 : 101). Elle ajoute que les formes d’écriture en atelier sont souvent ludiques (jeux d’assonances, anagrammes, pastiches et parodies, etc.) et répondent à un besoin particulier : « le désir d’être auteur. Un auteur amateur, peut-être, mais un auteur quand même » (Bucheton, 1992 : 172). Bien que les ateliers d’écriture aient fait leur apparition à l’école et dans les universités, qu’ils y soient recommandés comme pratiques académiques ou artistiques, peu de travaux en Algérie se sont rapportés aux modalités de leur mise en place ou au type d’interactions qui s’y produisent et aux caractéristiques des textes qui s’y écrivent.

Ce premier colloque national du laboratoire Déclic vise donc à engager le dialogue sur les questions que posent à la didactique de l’écrit, à la génétique textuelle les écrits scolaires et universitaires en atelier, notamment son animation, les différentes phases de l’atelier, les processus de passage de la lecture à l’écriture, les outils/ les contraintes facilitant ou empêchant l’écriture, les formes de lecture, les retours (commentaires, analyses réflexives collectives) ou mode d’évaluation des productions, les enjeux personnels, sociaux de telle ou telle pratique.

Les organisateurs attendent des propositions de communications qui s’appuient sur des données textuelles et leur exploration outillée pour aborder les axes suivants :

  • Axe 1 : Atelier d’écriture, réécriture et génétique textuelle 

Avec quel type d’écrits, les apprenants réussissent le plus dans ces ateliers ? Comment l’atelier nourrit-il les interactions entre le scripteur et le lecteur ? Quelles représentations ces ateliers modifient-ils s’agissant de l’écriture, la réécriture, la réflexivité, l’inspiration et la créativité ? Quel est l’apport de la génétique textuelle, levant le voile sur les scénarios de la fabrication des œuvres littéraires, à l’apprentissage des écrits académiques ?

  • Axe 2 : Atelier d’écriture et formation des enseignants

Quelle formation aux ateliers existante pour les enseignants ? Quelle didactique de l’atelier d’écriture préconiser ? Quelle forme d’évaluation privilégier ?

  • Axe 3 : Atelier d’écriture et autonomie des sujets écrivants 

Quels liens entre atelier d’écriture et développement de l’autonomie des apprenants dans la gestion de leur écrit ? Comment gérer le passage de l’écrit individuel à l’écrit collaboratif ?  Quel est l’apport de l’atelier d’écriture à l’apprentissage des autres savoirs.

  • Axe 4 : Atelier d’écriture et technologies de communication

Quelles sont les nouvelles formes médiées par la technologie de l’atelier d’écriture (écriture et réécriture télécollaboratives, ateliers numériques, fan fictions…) ? Quels sont les contraintes rencontrées lors de l’évaluation de ces écrits ?

Langues du colloque : Français & Anglais

  • Modalités de soumission

Les organisateurs attendent des résumés mettant en évidence le contexte de la réflexion et la problématique, la méthodologie et les résultats de la recherche. Ce résumé ne devra pas dépasser 500 mots, bibliographie non comprise et sera accompagnée d’une petite notice bibliographique contenant des informations d’usage sur le/les contributeurs/trices de la proposition.

Les propositions doivent être envoyées conjointement aux deux adresses suivantes :  

  • atelier.ecriture2022@univ-oeb.dz
  • souadbenabbes04@gmail.com

avant le 15 janvier 2022

  • Dates importantes

Date limite de soumission : 15 janvier 2022

Réponse aux auteur·e·s : 25 janvier 2022

 

  • Références

Bucheton, D. (1992). Écriture, réécritures, récits d’adolescents. Thèse de doctorat publiée en 1995, Berne : Peter Lang.

Cuq, J-P. (2003). Dictionnaire de didactique du français langue étrangère et seconde, Paris, CIE international.

Delamotte, R., Penloup, M.C. & Petijean, AM. (2016). « Didactique de l’écriture en situation de raccrochage : une entrée par les compétences ? Un début d’étude collaborative au micro-lycée de Paris ».

Fénoglio, I. & Boucheron-Petillon, S. (2002). Processus d’écriture et marques linguistique, Language n°174, Paris : Larousse.

Lafont-Terranova, J. (2009). Se construire, à l’école, comme sujet-écrivant – l’apport des ateliers d’écriture. Namur : Presses universitaires de Namur.

Louviot, M. (2012).  L’atelier d’écriture en classe de FLE. Éditions Didier.

Niwese, M & Bazile, S. (2014). « L’atelier d’écriture comme dispositif de diagnostic et de développement de la compétence scripturale : du centre de formations d’adultes à la classe », Pratiques [En ligne], 161-162 | 2014, mis en ligne le 05 juin 2014.

Reuter, Y. (2002) : Enseigner et apprendre à écrire, Paris, ESF.

Robet, C. (2013). « Pour un historique des ateliers d’écriture à l’université d’Aix-en Provence (1968-2010) ». In V. Houdart-Merot & C. Mongenot (dir.). Pratiques d’écriture littéraire à l’université (p. 61-70). Paris : Champion.

Lieu

  • Université d’Oum El Bouaghi
    Oum el Bouaghi, Algérie (0004)

(Source : Calenda, https://calenda.org/949650)

Détails

Début :
1 mars
Fin :
2 mars
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