Catégories
Appels à contribution

Discours, littératie et littérature numérique : quels enjeux créatifs et didactiques ? Date limite : 1 février 2023

TIPA n° 39, 2023

Coordination : Christelle COMBE (Aix-Marseille Université, LPL) & Isabelle CROS (Aix-Marseille Université, LPL)

Une mutation civilisationnelle au moins aussi importante que l’écriture et l’imprimerie a marqué la fin du 20e siècle et le début du 21e siècle : les individus évoluent désormais dans un monde numérique connecté (Douehi, 2008). Dans ces nouveaux environnements technologiques, les discours nativement numériques présentent des traits spécifiques que Paveau définit dans son Dictionnaire de l’Analyse du Discours Numérique :

en ligne, ils sont composites (co-constitués de langagiers et de technologique), délinéarisables (par les liens hypertextes), relationnels (tout énoncé en ligne est lié à un autre énoncé, un appareil et un internaute), investigables (conséquence de la relationalité et de la structure algorithmique du web), imprévisibles (conséquence de la composition et de la relationalité) et augmentables (du fait de la nature participative du web et d’outils dédiés à l’écriture collective) (2017 : 335).

Former à la littératie numérique (Caws, Hamel, Jeanneau, Ollivier, 2021) s’avère par conséquent un enjeu éducatif et social majeur, comme en témoigne l’élaboration d’un Cadre européen pour la compétence numérique des éducateurs (DigCompEdu) par le service Science et Connaissances de la Commission européenne (Punie/Redecker, 2017) et du Cadre de référence des compétences numériques (2019) créé par l’Éducation nationale française sur le modèle européen. Généralement intimement liée à la citoyenneté numérique (Frau Meigs, 2017), la formation à la littératie numérique omet toutefois trop souvent la dimension créative, l’éducation civique l’emportant sur la sensibilisation artistique. Or, depuis plus de trente ans, la littérature numérique n’a cessé de se développer jusqu’à devenir un véritable phénomène culturel (Vitali-Rosati, 2015), avec ses technogenres propres qui s’efforcent d’exploiter certaines caractéristiques du discours numérique comme la technologie hypertexte, la dimension multimédia, l’interactivité (Bouchardon, 2008 ; Saemmer, 2010). Ces œuvres sont recensées dans de riches bases de données : aux États-Unis, le Directoire de la Electronic literature organization ; au Canada, le Répertoire des arts et littératures hypermédiatiques ; et en France, dans la récente plateforme Weblitt (ANR LIFRANUM5) consacrée aux littératures francophones nativement numériques.

Même si la recherche et la création dans ce champ d’étude s’organisent autour d’événements internationaux (cycle de conférences Nouvelles écritures, BNF ; festival comme l’European Poetry Festival ou New York City Poetry Festival) et qu’ils gagnent en intérêt comme en témoigne le nombre d’articles et de thèses qui lui sont dédié (Bouchardon, 2014 ; Clément, 2001 ; Ghliss, 2020 ; etc.), force est de constater que rares sont les revues françaises à lui avoir consacré un numéro. On peut cependant renvoyer aux récents volumes suivants :

  • Langage et société, n° 167/201 Édité par Marie-Anne Paveau « Discours numériques natifs. Des relations sociolangagières connectées » ;
  • Lidil 63 | 2021 « Littératie numérique et didactique des langues et des cultures », sous la direction de Thierry Soubrié, Violaine Bigot et Christian Ollivier ;
  • Recherches et applications N°69 janvier 2021 « Langue et pratiques numériques : nouveaux repères, nouvelles littératies en didactique des langues », coordonné par Sandrine Wachs et Corinne Weber.

Citons aussi le dossier Acta Litt&Arts n° 3 du 30 juin 2017 « L’enseignement de la littérature avec le numérique », coordonné par Magali Brunel.

Le numéro 39 de la revue Travaux Interdisciplinaires sur la PArole et le langage se propose de faire le point sur l’état de la recherche et des différents travaux relatifs au discours, à la littératie et à la littérature numérique tant du point de vue épistémologique, artistique que didactique et pédagogique. Les autrices et auteurs pourront répondre notamment aux questions suivantes (non-exhaustives) :

  • Comment et pourquoi former les apprenants et formateurs de langue à l’analyse du discours numérique ?
  • Comment développer la littératie numérique chez les apprenants et les enseignants ?
  • Comment valoriser la littérature numérique à des fins éducatives et formatives ?
  • Comment intégrer la littérature numérique dans l’enseignement-apprentissage pour améliorer les compétences langagières (FL1/FLE et autres langues) et la littératie numérique dans une démarche créative ?
  • Comment faire de la recherche en littérature et création numériques (Leleu-Merviel, 2005) tout en pratiquant la littérature et la création numérique ?

Des articles inédits, en français ou en anglais, sont attendus. Les articles, à caractère interdisciplinaire, issus de différents champs qu’ils chercheront à faire dialoguer (sciences de l’information et de la communication, linguistique, philosophie, littérature, didactique du français – FL1, FLE/S –, didactique de la littérature, sociologie, anthropologie, etc.) ainsi que les articles multimodaux, c’est-à-dire intégrant de l’image, de l’audio ou de la vidéo, avec une dimension hypertextuelle et privilégiant une version éditorialisée (Vitali-Rosati, 2015) du texte seront tout particulièrement appréciés en vue d’une publication au format numérique. Les approches en recherche-création (Gosselin et Le Coguiec, 2006) sont en outre les bienvenues.

Ce numéro vise à documenter la créativité, artistique et pédagogique (Capron Puozzo, 2016), qui lui est corrélé, dans ce domaine en pleine émergence et à envisager des exploitations pédagogiques possibles.

Les articles soumis à la revue TIPA sont lus et évalués par le comité de lecture de la revue (voir « consignes aux auteurs » sur https://tipa.revues.org/222). Une longueur entre 10 et 20 pages est souhaitée pour chacun des articles, soit environ 35 000 – 80 000 caractères ou 6 000 – 12 000 mots. La taille moyenne recommandée pour chacune des contributions est d’environ 15 pages. Le fichier doit être sous format .doc ou .docx (Word). Les auteurs sont priés de fournir un résumé de l’article dans la langue de l’article (français ou anglais ; entre 120 et 200 mots) ainsi qu’un résumé long d’environ deux pages (dans l’autre langue : français si l’article est en anglais et vice versa), ainsi que 5 mots-clés dans les deux langues (français-anglais).

Les articles proposés doivent parvenir à la revue TIPA sous forme électronique aux adresses suivantes : lpl-tipa@univ-amu.fr et christelle.combe@univ-amu.fr et isabelle.cros@univ-amu.fr