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Appels à contribution

Regards sur les technologies immersives en éducation et en formation – Date limite (avis d’intention) : 10 octobre 2022

Médiations et médiatisations – Numéro 15 – Numéro thématique

Au début du XXIe siècle, la création d’environnements virtuels immersifs a été rendue possible pour le grand public grâce à la disponibilité des premières plateformes accessibles en ligne. À titre d’exemple, Second Life, lancée en 2003, est une plateforme multimédia en ligne qui permet à l’utilisateur de se créer un avatar et de lui donner vie dans un métavers, c’est-à-dire, dans un monde virtuel partagé et persistant (Hwang et Chien, 2022). Depuis, l’utilisation de ces environnements dans des contextes d’enseignement et de formation s’est popularisée parmi les plus technophiles du domaine (Fourtané, 2022). Afin de renforcer le sentiment de présence, certains techno-enthousiastes utilisaient ainsi Second Life pour créer des salles de classe virtuelles et des avatars pour donner des cours à distance (Ritzema et Harris, 2008).

Cependant, l’idée de créer l’illusion que nous sommes présents dans un environnement recréé n’est pas nouvelle. Au XIXe siècle, des peintures murales panoramiques à 360 degrés, les cycloramas, étaient utilisées pour donner l’impression d’assister à un événement ou à une scène historique. En 1838, Charles Wheatstone a inventé le stéréoscope qui permettait au cerveau de transformer des images bidimensionnelles de chaque œil en un seul objet en trois dimensions. En 1929, Edward Link a créé le Link Trainer : le premier simulateur de vol commercial, utilisé pour la formation de plus de 500 000 pilotes pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1939, William Gruber a développé le View-Master, le précurseur du Google Cardboard et des modernes casques de réalité virtuelle pour les téléphones mobiles (Plante et Angulo, 2021).

Ces développements technologiques, destinés à l’origine au divertissement, ont eu d’autres utilisations, notamment dans l’apprentissage (Gnanadurai et al., 2022). D’ailleurs, l’utilisation des technologies immersives dans l’enseignement et la formation a connu une croissance significative au cours des dernières années (Freina et Ott, 2015; Jensen et Konradsen, 2018). Par technologies immersives, nous comprenons des applications technologiques qui peuvent rehausser l’expérience éducative et le développement de compétences, telles que la réalité virtuelle (RV), la réalité augmentée (RA), la réalité mixte (RM), la vidéo à 360 degrés et la téléprésence.

Certaines recherches encore embryonnaires (p. ex. Wall-Lacelle et al., 2021) montrent que, dans l’enseignement des sciences naturelles, les technologies immersives facilitent l’observation et l’interaction avec des objets virtuels et l’utilisation de matériel de laboratoire dans un environnement sécuritaire et sans conséquence. Dans les sciences sociales, les technologies immersives ont le potentiel de favoriser le développement de compétences professionnelles et offrent une expérience d’apprentissage authentique (Marceaux et Dion-Gauvin, 2021).

Néanmoins, la seule disponibilité de ces technologies n’est pas per se un gage d’une utilisation pertinente et efficace du point de vue pédagogique. C’est dans cette perspective que nous sollicitons des contributions de chercheurs et chercheures, mais aussi de praticiens, praticiennes, étudiants et étudiantes intéressés à partager leurs recherches, analyses, expériences ou réflexions autour des questions suivantes :

– Quelles sont les usages possibles des technologies immersives dans un contexte d’enseignement ou de formation?
– Quelles formules de scénarisation pédagogique ont le potentiel de favoriser une exploitation pertinente et efficace de ces technologies?
– Comment promouvoir un apprentissage efficace basé sur l’exploitation de ces technologies?

Calendrier :


Coordination de ce numéro thématique : 

Gustavo Adolfo Angulo Mendoza, Université TÉLUQ (gangulo@teluq.ca);
Patrick Plante, Université TÉLUQ (patrick.plante@teluq.ca);
Caroline Brassard, Université TÉLUQ (caroline.brassard@teluq.ca).

Rédactrice en chef : Cathia Papi, revue-mediations@teluq.uquebec.ca

Note : En tout temps, la revue Médiations et médiatisations accepte aussi des soumissions hors thématiques pour publication dans un numéro « varia. »