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Appels à contribution

Continuités et ruptures dans l’enseignement/apprentissage des langues – Recherche et pratiques pédagogiques en langues de spécialité – Date limite : 5 janvier 2022

Volume 41, Numéro 2 (décembre 2022)

Sous la direction d’Annick Rivens Mompean, de Marie-Pascale Hamez et de Marco Cappellini

La réflexion en didactique des langues sur l’intégration des TICE et du numérique s’est intéressée à la manière dont les technologies peuvent modifier le cadre communicatif et donc d’apprentissage. Ainsi, par exemple Barbot (2003) avait pu conceptualiser la médiatisation par analogie avec le théâtre classique et ses unités de temps, de lieu et d’action. Ainsi, elle constatait que les unités de temps et de lieu, fondamentales pour les dispositifs d’enseignement en présentiel, étaient bouleversées dans le cadre de la formation ouverte et à distance.

Ces changements ont problématisé la question de la continuité des cadres d’interaction, avec des impacts sur, entre autres, la réalisation d’une présence sociale soutenant les processus cognitifs et d’enseignement (Garrison & Anderson, 2003). Plus récemment, Hampel (2019) a caractérisé les technologies numériques comme des forces de disruption positive amenant à des reconfigurations systémiques dans l’enseignement / apprentissage des langues, y compris dans des situations de formation en présentiel. Dans ce cadre, les technologies et leur intégration dans la classe et plus largement dans la vie privée des apprenants et enseignants sont considérées comme pouvant amener une rupture dans les pratiques pédagogiques. Enfin, le contexte d’état d’urgence sanitaire pendant la crise liée à la Covid-19, les barrières des confinements et les mesures de distanciation ayant amené à un passage à distance, puis en comodal, ont à nouveau réinterrogé la question de la continuité, y compris par l’adoption de l’expression « continuité pédagogique » par les instances ministérielles. Précisons que cette notion a été définie sur le site du Ministère de l’Éducation nationale consacré à l’organisation scolaire depuis le premier jour de confinement, c’est-à-dire le 16 mars 2020 : « la continuité pédagogique vise, en cas d’éloignement temporaire d’élèves ou de fermeture d’écoles, collèges, lycées, à maintenir un lien pédagogique entre les professeurs et les élèves, à entretenir les connaissances déjà acquises par les élèves tout en permettant l’acquisition de nouveaux savoirs ». Du côté de l’enseignement supérieur, dès le 13 mars 2020, un communiqué de Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation précise qu’« afin de garantir la continuité pédagogique, les établissements veilleront à offrir leurs modules d’enseignement en e-learning pour permettre aux usagers de suivre leurs formations à distance ». 

En ce sens, il est intéressant de noter que la plupart des enquêtes sur l’enseignement des langues pendant la pandémie, comme celle menée par le Centre Européen de Langues Vivantes (2021), ont montré que les enseignants se sont majoritairement tournés vers des outils de visioconférence, considérés comme étant les plus proches de la situation de classe et offrant donc une certaine continuité avec les pratiques du présentiel.

Le numéro s’organise en trois thématiques qui permettront de réfléchir, d’un point de vue didactique ou pédagogique, à la place des différents éléments technologiques dans la réorganisation des enseignements. Du point de vue de la théorie en didactique des langues, l’ambition du numéro est d’une part d’interroger comment les références théoriques et les concepts développés au fil des années permettent d’éclairer les pratiques observées, notamment depuis mars 2020, d’autre part de saisir les limites de ces concepts, afin de développer des nouveaux concepts, outils d’explication pour penser des situations pédagogiques inédites. En ce sens, des études sont attendues sur les changements systémiques, sur les pratiques pédagogiques émergentes et sur leur éventuelle pertinence hors contexte de crise sanitaire.

Les thématiques de la continuité et de la rupture pourront être abordées sous des angles d’approche variés et complémentaires : 

1.    Continuités et ruptures dans les dispositifs de formation en contexte pandémique

  • Bilan des pratiques émergentes et des adaptations nécessaires
  • Quelles nouvelles synergies entre apprentissage formel et informel ?
  • Quel(s) accompagnement(s) ? Quel(s) soutien(s) en provenance des divers contextes institutionnels ?
  • Quel(s) rôle(s) des communautés de pratiques émergentes ?
  • Quelles continuités et quelles ruptures concernant les contenus d’enseignement ?
  • Transfert, généralisation et modélisation

2.  Continuités et ruptures dans l’articulation des notions d’espace et de temps

  • Articulation de temporalités et d’espaces pluriels 
  • Réinterroger la question de l’hybridité
  • Quels outils, quels accompagnements et quelles modalités ? 
  • Cadre spatio- temporel de l’enseignement de spécialité par projet : savoirs stables et contexte local 

3.  Continuité et rupture dans les modalités d’évaluation

  • Adaptation en fonction des contraintes et des possibilités de la situation d’évaluation 
  • Quelles compétences privilégier lors d’une évaluation en distanciel ?
  • Évaluation synchrone et accès à des ressources en ligne : comment évaluer ?  

Les contributions, rédigées en anglais ou en français, pourront être :

  • des articles – 25 000 à 40 000 signes maximum (espaces non comprises), hors résumés et mots-clés ;
  • des notes de recherche – 10 000 à 20 000 signes maximum (espaces non comprises), hors résumés et mots-clés ;
  • des retours d’expérience sous forme denotes de pédagogie universitaire – 10 000 à 20 000 signes maximum (espaces non comprises), hors résumés et mots-clés.

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