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Inaccessibles, altérités, pluralités : trois notions pour questionner les langues et les cultures en éducation - Glottopol, n° 23, janvier 2014

 

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Ce numéro de Glottopol, propose un espace de réflexion et d’interrogation critiques sur la pluralité /diversité des langues et des cultures en éducation et en formation, et plus particulièrement en contextes scolaires. Pour cela, est privilégié l’angle de l’altérité et des « inaccessibles » pour explorer des projets, démarches et postures variés, ainsi que les modalités et les implications de leur prise en compte ou de l’absence de celle-ci.

En didactique des langues (désormais DDL) et en sociolinguistique, ce sont essentiellement les notions de « diversité linguistique » et « diversité culturelle » qui s’observent au-devant de la scène. Les travaux visant à la reconnaissance, à la didactisation, voire à la valorisation, de la diversité linguistique et culturelle sont en effet désormais très répandus dans le paysage scientifique des DDL, notamment sur les terrains éducatifs et scolaires (par exemple et de manière non exhaustive : Castellotti 2008 ; Chiss (dir.) 2008 ; Groux 2002 ; Martinez, Moore & Spaëth (dirs), 2008 ; Moore 2006 ; Castellotti et Huver (éd.) 2008, Leconte et Mortamet 2008 et 2005, Abdallah-Pretceille 2003 ; les projets d’éveil aux langues : Candelier, 2003 ; ou, pour ce qui concerne les ethnomathématiques : Gajardo et Dasen 2007, etc.). De même, en sociolinguistique, discipline en partie fondée sur la variabilité des pratiques langagières et les enjeux, notamment sociaux pouvant y être associés, les notions de « diversité » et de « pluralité » tendent à être, entre autres, analysées comme étant caractéristiques des productions et des représentations langagières.

La notion d’« altérité » est restée, quant à elle, peu convoquée jusqu’à présent en tant que telle, même si le terme apparaît dans quelques ouvrages (cf. par exemple : Groux et Porcher, 2003). Ce n’est en effet que plus récemment que certains travaux issus de ces deux disciplines ont commencé à étudier plus précisément les dynamiques et les enjeux liés au potentiel « étrangeant » (« altérisant ») de la diversité (notamment linguistique et culturelle), par exemple :
-  dans les champs scolaires (Feunteun, 2007 ; Goï, 2009) et de la formation (Matthey et Simon (coord.) 2009) ;
-  dans les questions reliant les langues, les représentations et les constructions identitaires (Razafimandimbimanana, 2008)
-  dans les catégorisations opérées (en ce qu’elles relèvent de formes d’homogénéisation de la diversité et/ou d’assignation de l’autre à son altérité supposée : Caïtucoli C. (dir.) 2003, Castellotti 2009, Goï et Huver, 2012) ;
-  dans les questions épistémologiques, en tant que composant qualitatif irréductible de la pensée linguistique et réflexive (cf. les termes alterlinguistique ou alter-réflexivité : de Robillard 2007 et 2008, Bretegnier 2009a et 2009b).