<:en-tête:>

 

    Autoformation et multimédia    Didactique    Linguistique    Ingénierie de formation

Langue(s) en mondialisation : libre(s) échange(s) à l’heure néolibérale ? - 19-20 novembre 2020

 

Montpellier - France

Colloque des jeunes chercheurs du laboratoire de Sociolinguistique, d’Anthropologie des Pratiques Langagières et de Didactique des Langues-Cultures - DIPRALANG EA-739

En ligne.

Les questions et les débats portant sur la mondialisation et ses incidences sur l’économie des langues ne sont pas nouveaux. Néanmoins, il nous semble important de les relancer, car ce phénomène reste plus que jamais d’actualité. À l’heure où les mobilités de toutes sortes (choisies ou forcées) s’intensifient, alors qu’elles tendent à s’affranchir des frontières socio-économiques, culturelles et parfois langagières, nous souhaitons étudier les tenants et les aboutissants d’une forme de « mondialisation des langues » : qu’en est-il des dynamiques, des motivations, des intérêts qui encadrent et influent sur la configuration des flux, toujours plus massifiés et fréquents ? Quels liens entre les flux humains, matériels ou encore idéels/informationnels (voire idéologiques ?) ? Quels impacts sur les flux langagiers ? Enfin, qu’advient-il, à l’inverse, de ces territoires, sociétés ou encore individus qui n’ont pas accès aux mobilités, ou qui n’entrent pas, d’une certaine manière, dans le jeu de la mondialisation ?

Dans notre contexte actuel de mondialisation, les langues, indissociables à l’être social qu’est l’humain, se voient déplacées, déportées, enseignées, minorées, hybridées, promues, bradées, ou encore annihilées, voire « en voie d’extinction ». Elles sont au cœur d’enjeux sociétaux, politiques, économiques, culturels et identitaires. A bien des égards, la mondialisation participe à restructurer le marché linguistique international traversé par des rapports de force économiques, culturels et idéologiques importants et complexes, quand ce ne sont pas des conflits. Les dynamiques à l’œuvre au sein de ce vaste espace mondial influencent grandement les flux et les pratiques langagières des individus, mais ne peuvent être négligés, également aujourd’hui, le rôle et les initiatives des divers acteurs impliqués dans cette mondialisation des langues, tels que les décideurs des politiques linguistiques, les enseignants, les didacticiens, les associations ou encore les citoyens eux-mêmes.

-  Axe 1 : Espace institutionnel de la mondialisation

Mots-clés : glottopolitique ; aménagement/normalisation ; CECRL ; politique éducative ; coopération ; influence culturelle

L’espace institutionnel de la mondialisation regroupe diverses institutions privées et publiques qui participent à la structuration de l’échange linguistique (Conseil de l’Europe, multinationales, ONU, UNESCO, ONG ; du côté francophone : Campus France, OIF, AUF, ou encore Bienvenue en France). Laboratoire DIPRALANG EA-739

Leurs actions contribuent dans une perspective économique, culturelle et politique contribue à façonner les territoires langagiers, à instaurer de nouveaux rapports entre les langues, ou entre les locuteurs et les langues. Que l’on évoque la place des langues internationales à l’ONU ou au sein de l’UE, les choix éducatifs des Etats ou bien les nouveaux besoins de formation engendrés par les migrations de multinationales parties à la conquête de nouveaux marchés, l’impact des institutions sur l’économie des langues est considérable.

En didactique des langues-cultures par exemple, nous nous interrogeons sur l’influence de la mondialisation et de sa conception néolibérale qui semble sous-tendre les cadres de référence, selon certains critiques. Quel sont les impacts de cette mondialisation/uniformisation idéologique sur le développement de la didactique des langues, de ses méthodes, approches et outils ? Les méthodes d’enseignement-apprentissage de langues (méthodes générales, de langue première, seconde, sur objectifs spécifiques, universitaires, généralistes, manuels scolaires, etc.) subissent-elles, sciemment ou non, l’influence des lois du marché, ou à l’inverse s’en affranchissent-elles ? Qui a le dernier mot dans le domaine de l’édition des méthodes d’enseignement-apprentissage de langues : les auteurs ou les maisons de l’édition ? Les apprenants sont-ils toujours considérés comme tels, c’est-à-dire des acteurs sociaux de la langue en usage, ou sont-ils considérés uniquement comme des « clients » ? Les langues sont-elles devenues des produits de consommation ? Mais encore, en quoi la notion de besoin et les démarches de l’analyse des besoins si largement répandue depuis l’approche communicative, participent-t-elle ou non à la néolibéralisation de la didactique des langues ? Quel est le rôle des apprenants, des enseignants et des institutions dans ce "marché" mondialisé des langues ? Voilà donc, pêle-mêle, quelques questions qui peuvent nourrir notre réflexion.

-  Axe 2 : Espace numérique de la mondialisation

Mots-clés : TIC ; numérique ; réseaux sociaux ; apprentissage ; enseignement ; TALN

Parler des « langues en mondialisation », c’est aussi mettre en lumière l’impact du numérique sur les langues à l’heure où celles-ci évoluent à la vitesse des révolutions technologiques. Les échanges humains se réalisent dans le flux d’informations et de communications de plus en plus rapides, intenses et complexes. En favorisant la mise en contact des milliards d’internautes à travers le monde, Internet et les réseaux qui s’y créent contribuent à faire voler en éclat les frontières et, par là même, modifient radicalement les modalités de contacts des langues. A l’heure des médias de masse, des réseaux sociaux, de l’information en continu, des applications et sites Internet dédiés aux contacts entre locuteurs, à l’enseignement-apprentissage en ligne, à l’heure de l’intelligence artificielle (traitement du langage naturel, développement des interprètes électroniques) et des bases de données, les rapports aux langues se transforment et ouvrent tout un espace de recherche à explorer.

A titre d’exemple, nous pensons à l’essor des plateformes de diffusion en streaming telles qu’HBO ou Netflix qui connaissent un succès incontestable. En plus d’une dynamique seulement économique, d’autres facteurs entrent-ils en jeu dans le choix des langues de tournage et de sous- titrage des produits audiovisuels qui y sont proposés ? Entre autres, nous souhaitons nous pencher sur les dynamiques que suivent les producteurs dans les choix de langue(s) qui ont trait à ces produits et à la place laissée aux professionnels de la linguistique, si tant est qu’il y en ait une, dans leur élaboration.

-  Axe 3 : Espace écolinguistique de la mondialisation

Mots-clés : revitalisation ; politique linguistique ; langues minorées ; diversité linguistique

L’ère du libre-échange et de la mondialisation secondée par la révolution des TIC ont ouvert la voie à une multitude incalculable de nouveaux modes et de canaux de diffusion, d’expression, et d’enseignement des langues. Cette nouvelle donne profite-t-elle à toutes les langues ? Quoique l’on puisse penser, que cela soit de bon augure ou pas pour le développement ou l’accès aux langues du monde : quelle place occupent celles dites « minorées », ou à faible taux de locuteurs ? Souffrentelles d’une inégalité des chances sur le marché linguistique ? Les langues internationales officielles tendent- elles à invisibiliser ces langues minorées ? Les inégalités de statut des langues sont-elles le reflet d’une réalité où les inégalités socio-économiques vont croissantes ? Quels rapports de force entre langues au rayonnement international et langues en voie/voix d’extinction ? Enfin, sommesnous à l’ère d’une uniformisation linguistique du monde ? Devons-nous nous alarmer de la montée du globish ou de l’english lingua franca (ELF) par exemple ?

Dans la continuité d’une réflexion initiée par un précédent colloque mené en février 2019 à Montpellier, autour, entre autres, de la question du désir de langues1, nous pouvons aussi nous poser ces quelques questions : doit-on s’aligner sur le marché actuel des langues ? La mondialisation génère-t-elle des frustrations liées à l’apprentissage et/ou à la non-maîtrise des langues ? Quel est le poids des institutions dans ces désirs assouvis, ou pas, de langues ? Par ailleurs, à contre-courant d’une idéologie néolibérale qui favorise l’avoir sur l’être, peut-on imaginer une forme de « décroissance » ou de « sobriété » des langues : est-il possible, par exemple, de (sur)vivre sans apprendre ces multiples langues au rayonnement international comme l’anglais, l’espagnol, le français, etc. ? Finalement, quelle écologie des langues aujourd’hui ?

Les cadres théoriques souhaités des communications doivent être en lien avec : - La sociolinguistique ; - L’anthropologie du langage ; - La didactique des langues-cultures.

CONFERENCIERS INVITES

Louis-Jean CALVET, Aix-Marseille Université Bruno MAURER, Université de Lausanne Rachel PANCKHURST, Université Paul-Valéry de Montpellier 3, 4ème conférencier(ère) : en attente