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Égalité des chances ou égalité des réussites dans l’enseignement supérieur ? - 5-6 mars 2020

 

COLLOQUE INTERNATIONAL

Montpellier

Argumentaire

Afin de réaliser une analyse collaborative des problèmes relatifs à « l’égalité des chances » à l’université en France (Dubet, 2012) et dans d’autres systèmes universitaires, il est prévu d’organiser un colloque international pour confronter les approches de l’égalité. Est-il préférable de viser l’égalité des chances, qui concerne la situation de départ ou celle des résultats (Dubet et Duru-Bellat, 2004, p. 114) ou encore des places (Dubet, 2011, p. 32), couramment résumée en termes de réussite car elle s’intéresse à l’issue du curriculum ? En raison de son importance et de son actualité, ce colloque sera ouvert aux spécialistes de la recherche en sciences humaines et sociales (SHS). Il s’agit de comprendre comment différents pays appréhendent la question de la performance de leur enseignement supérieur en ce qui concerne la réduction des inégalités. Il y aura lieu d’analyser les différentes mesures de politique du supérieur prises en vue de diminuer les inégalités ainsi que les dispositifs mis en place dans cette intention.

L’« égalité des chances » s’inscrit dans l’idée, répandue depuis le XVIIIe siècle en Europe, qu’il existe une égalité des droits entre les êtres humains. Cette possibilité est étroitement liée au système éducatif et à son organisation. C’est également devenu un but à atteindre pour les systèmes politiques, économiques et sociaux de la fin du XXe siècle quand ils ont commencé à s’orienter vers une « société de la connaissance » (Bouchet, 2005, p. 21-25). Afin de comprendre les raisons pour lesquelles le concept d’égalité des chances connaît un tel succès dans les injonctions officielles, une approche pluridisciplinaire et comparative sera privilégiée. Limité à cent cinquante participants sur deux jours, le colloque devrait permettre un état des lieux sur la question de la réduction des inégalités dans l’enseignement supérieur au niveau européen et mondial.

Ce concept d’égalité des chances est-il répandu dans de nombreux États ? Quelle place occupe-t-il dans la définition des finalités des systèmes éducatifs ? La performance de ces systèmes dépend-elle de l’atteinte de cet objectif ? Sa mise en forme et en pratique relève-t-elle uniquement de stratégies politiques, économiques et sociales ou les modes organisationnels et la pédagogie de l’enseignement supérieur y occupent-ils une part importante ? Comment cet objectif influence-t-il les stratégies, les dynamiques de gouvernance des systèmes éducatifs et l’action des différents acteurs concernés, notamment les enseignants-chercheurs (EC) ? Observe-t-on des mutations qui portent sur les mécanismes organisationnels et qui entraînent des effets dans les pratiques pédagogiques ?

La pédagogie universitaire n’a pas été forcément le premier souci des universités sur la longue période qui s’étend du Moyen-âge au début du XIXe siècle qui marque une rupture avec le modèle monastique. La conception introduite par Humboldt donne la priorité à la recherche et crée la double compétence de l’enseignant-chercheur dont le recrutement et la carrière ne peuvent s’effectuer, en France, que par décisions de pairs plus familiers avec les questions de recherche qu’avec celles d’enseignement. Ce fonctionnement endogamique résiste assez mal à la poussée émancipatrice de la fin des années 1960 lorsqu’à la fin du XXe siècle étudiantes et étudiants entrent en grand nombre dans l’enseignement supérieur. On peut alors parler d’une « université de masse » (Boyer et Coridian, 2001 ; Felouzis, 2003,). Mais s’il y a beaucoup d’appelés, il y a beaucoup moins d’élus (Beaud, 2003). De nombreuses tentatives sont faites pour permettre la réussite dans les premières années qui se révèlent cruciales (Conférence de consensus « Réussite et échec dans l’enseignement supérieur : quels éclairages de la recherche ? », Paris, Ministère de l’enseignement supérieur, IFÉ : 15 et 16 décembre 2015). Des études ont été menées, notamment en France sur le plan « réussite en licence » (Annoot et Étienne, 2012), mais il est difficile d’obtenir des résultats globaux, même si quelques données locales peuvent montrer des résultats spectaculaires qui ne s’observent pas au niveau du pays. La création de Services Universitaires de Pédagogie (SUP), actuellement 33 en France réunis dans un réseau (www.reseausup.fr consulté le 10 novembre 2018) connaît un développement certain mais de rares évaluations sur leur portée auprès des enseignants-chercheurs et sur leurs effets sur les pratiques ont été produites (Cosnefroy, 2015 ; Demougeot-Lebel et Perret, 2011 ; Bailly, Demougeot-Lebel et Lison, 2015).

Cette question de l’égalité semble actuellement plus traitée sur un plan pédagogique que sur un plan structurel et de parcours dans le supérieur malgré des ouvrages comme celui de Beaud (2003) qui ont établi les raisons de l’échec massif des « nouveaux étudiants ». L’idée de permettre au plus grand nombre l’accessibilité des savoirs accompagne la promotion de dispositifs de formation intégrant le numérique avec une ouverture internationale mais les dispositifs de e-learning ou « apprentissage en ligne », les MOOCs ou « cours en ligne gratuits et massifs » se succèdent sans que des évaluations établissent encore leur effet dans la lutte contre les inégalités.Impliqués ou non dans les dispositifs d’aide à la réussite, certains enseignants-chercheurs ont pris des initiatives pour s’adapter à leurs publics. Les pratiques pédagogiques et l’activité des enseignants du supérieur restent néanmoins méconnues malgré quelques travaux récents sur le sujet (Annoot et Fave-Bonnet, 2004 ; Duguet et Morlaix, 2013 ; Viaud, 2015 ; Étienne, Annoot et Biaudet, 2018). Développer ces recherches constitue un enjeu, en particulier en se concentrant sur les néo-professionnels. Si une meilleure connaissance du métier d’enseignant-chercheur semble être essentielle pour contribuer à la formation et à l’émancipation sociale et intellectuelle des étudiants (Annoot, 2014), la conduite d’une réflexion sur la définition d’un enseignement universitaire vraiment démocratique n’est pas moins importante.

Les axes du colloque

L’appel à participation nécessite de s’inscrire dans un des quatre axes choisis : pédagogique, politique, économique et social, socioculturel.

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