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Enseignement et apprentissage des Langues des Signes : perspectives historiques, sociales et linguistiques - Langues Modernes, numéro 3/2020. Date limite : 15 octobre 2019.

 

Ce numéro de Langues Modernes s’intéressera à la question de l’enseignement/apprentissage des langues des signes en en explorant plus précisément les dimensions historiques, sociales et linguistiques.

Longtemps restée dans l’ombre, la langue des signes (re)trouve en France peu à peu une place dans le contexte français à partir des années 70, grâce à ce que l’on a pu nommer « réveil sourd » (Minguy, 2009). Ce réveil s’incarne dans les prises de position en faveur de la Langue des Signes française (LSF) et dans l’engagement politique et associatif de nombreux sourds pour la reconnaissance de leur personne et de leur langue. On citera ici pour mémoire les facteurs qui nous apparaissent comme les plus emblématiques de cette période : le développement des recherches sur les langues des signes (initiées, pour la période moderne, en 1960, par le linguiste américain Stokoe, puis par Klima et Bellugi (1979) et en France par Cuxac, 1993), les revendications pour la reconnaissance sociale de la communauté sourde et de la LSF Mottez, Markowisz, 1980 ; Cuxac 1983 ; les interrogations de parents et de professionnels sur les comportements linguistique, affectif, culturel, social et cognitif des enfants sourds (en France Mottez, 1976, 1979, 2006, Bouvet, 1989). En France, à la suite de ces travaux pionniers bien des chercheur·e·s·se sont emparé de ces problématiques, tant du point de vue linguistique Millet (1997, 1998), Risler (1998) que du point de vue psycho-sociolinguistique avec entre Sabria (1993), Virole (1996).

Suite, à ces développements de la recherche sur près de trente ans - une recherche souvent impliquée -, la loi du 11 février 2005 a permis de renforcer la place et la légitimité de la LSF dans le contexte social général en lui reconnaissant le statut de langue à part entière. Cette accession au statut de langue, a entrainé dans ses rouages des cadres formels pour l’enseignement de la LSF : elle est ainsi langue optionnelle au bac depuis 2008 ; un CAPES de LSF a été créé en 2009 ; elle peut faire partie du projet éducatif des jeunes enfants sourds (Haute Autorité de la Santé, 2009) mais aussi être intégrée au sein du parcours scolaire (Pôles d’Accompagnement à la Scolarisation des jeunes Sourds devenu Parcours de Formation du Jeune Sourd en 2017) ; des test DCL ont été créés décembre 2010 ; le Cadre Européen Commission de Référence pour les Langues a été adapté à la LSF en 2010, et son volume complémentaire datant de 2018 lui consacre une place importante.

Avec cette reconnaissance, l’enseignement/apprentissage de la langue des signes poursuit le chemin de tout enseignement : variété des publics, variétés des contextes, variétés des méthodes/outils/supports, variétés des ancrages théoriques, en tant que langue enseignée, et, certes plus rarement mais il est important de le souligner, en tant que langue d’enseignement.

L’objectif de ce numéro est de faire un point sur l’enseignement/apprentissage de cette langue, et dans cette langue, qu’il s’agisse du contexte français ou d’autres pays : quelles spécificités sont liées à la didactique des/en langues des signes ? quels moteurs ? quels obstacles ? comment concilier ses spécificités ? mais aussi quels points communs avec d’autres langues enseignées ?

Les contributions attendues aborderont ces questions en essayant d’explorer tous les aspects pratiques et/ou théoriques, toutes les initiatives susceptibles de nourrir la réflexion autour de l’enseignement/apprentissage des langues des signes. Les articles pourront être des récits d’expérience, des résultats de travaux de recherche d’ordre qualitatif ou quantitatif des essais théoriques plus proches de la linguistique ou de la sociolinguistique.

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