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Enseignement d’une matière par l’intégration d’une langue étrangère - Contextes et didactiques - Date limite : 30 janvier 2020

 

Dans ce numéro spécial, nous cherchons à revisiter l’Enseignement d’une Matière par l’Intégration d’une Langue Étrangère1 (EMILE) sous l’angle de la recherche et de la pédagogie. Cet appel à contributions acceptera à la fois des articles de recherche et des articles sur l’état de l’art.

EMILE est une approche pédagogique qui vise à développer à la fois des compétences linguistiques et des connaissances sur un contenu disciplinaire. L’enseignement EMILE permet également d’améliorer les compétences en communication interculturelle, les capacités cognitives et enfin d’accroître la connaissance des normes et conventions spécifiques à la langue et au contenu (Coyle, 2007, 2008, 2013 ; Coyle, Hood et Marsh, 2010 ; Cross, 2013, 2016 ; Dalton-Puffer, 2007 ; Mehisto, Marsh et Frigols, 2008).

Les pratiques éducatives bilingues existent depuis longtemps dans les contextes européen et nord-américain sous les noms de programmes d’immersion, d’éducation bilingue et d’enseignement basé sur le contenu, etc. L’enseignement EMILE est une approche pédagogique et non un programme éducatif. Il se distingue donc des concepts de « disciplines non linguistiques » (DNL), d’éducation bilingue et d’immersion. Les programmes d’immersion, les écoles bilingues et les sections européennes ou internationales sont des exemples de différents types de programmes éducatifs, qui peuvent ou non utiliser l’approche EMILE. Cette dernière offre une approche flexible dans laquelle des facteurs contextuels influencent le développement de différents types d’enseignement (Coyle, 2008 ; Coyle et al., 2010 ; Mehisto, 2008).

Le terme EMILE a été introduit dans la littérature par des experts en linguistique appliquée et des spécialistes de l’éducation au sein du milieu éducatif européen dans les années 1990 (Coyle, 2008 ; Coyle et al., 2010 ; Pérez-Cañado, 2013). Au début des années 90, l’approche EMILE était connue uniquement d’un petit groupe d’experts des langues européennes et de praticiens des langues étrangères participant à l’initiative en faveur de l’éducation bi-plurilingue dirigée par la Commission européenne (Béliard et Gravé-rousseau, 2009 ; Coyle, 2007 ; Dalton-Puffer, 2011 ; Pérez-Cañado, 2013). Les années 1990 ont été la période où le multilinguisme et l’enseignement des langues (étrangères, régionales, etc.) sont devenus un sujet crucial dans le contexte européen (Pérez-Cañado, 2013). Ce mouvement aux multiples facettes comportait des dimensions politiques, économiques, socioculturelles et éducatives. Initialement, le mouvement visait à améliorer la connaissance interculturelle et la communication entre les citoyens européens afin de permettre une compréhension et une coopération réussies. Aujourd’hui, l’enseignement EMILE est une approche pédagogique pleinement reconnue qui a dépassé les objectifs initiaux et a été intégrée aux programmes scolaires dans divers contextes éducatifs, allant de l’enseignement élémentaire à l’enseignement supérieur.

Au cours de la dernière décennie, l’intérêt pour EMILE a pris de l’ampleur et ses pratiques ne se limitent plus au continent européen (Cross, 2012 ; Dalton-Puffer, 2011 ; Gabillon et Ailincai, 2013, 2016). Cette augmentation des pratiques EMILE et des interactions transnationales dans diverses initiatives de recherche a contribué à l’amélioration des pédagogies EMILE. Le nombre constant de recherches empiriques menées au cours des deux dernières décennies, principalement dans le contexte canadien, a sans cesse soutenu l’efficacité de l’enseignement du contenu utilisant une langue seconde dans des programmes d’immersion (Cummins, 1998 ; Cummins et Swain, 1998 ; Lazaruk, 2007 ; McLaughlin, 2012). Au cours des dix dernières années, diverses études ont également été consacrées aux pratiques d’enseignement EMILE, tant dans les pays de l’Union Européenne que dans des pays tiers. Les résultats obtenus à partir de certaines de ces études confirment ceux obtenus dans le contexte nord-américain. Des recherches récentes sur EMILE ont également montré que ces pratiques sont motivantes pour les enseignants et les étudiants et qu’elles facilitent non seulement l’acquisition de compétences linguistiques mais aussi académiques, culturelles et cognitives (Coyle et al., 2010 ; Craen et Mondt, 2010 ; Griva et Mattheoudaki-Sayegh, 2017).

Le numéro 15 de la revue « Contextes et Didactiques » paraîtra sur le site de la revue sous format électronique : le 30 Juin 2020

Source : Calenda.