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    Autoformation et multimédia    Didactique    Linguistique    Ingénierie de formation

Entre distance et présence : la formation à l’heure de l’hybridation - Date limite (résumé) : 15 avril 2019.

 

Numéro thématique coordonné par Emilie Remond, Philippe Dumas et Daniel Burgos.

François Orivel, dans un article de Distances et Savoirs de 2006 analysant les travaux de Greville Rumble sur l’économie de la Formation à Distance, rapporte en ces termes la prévision pessimiste de l’économiste sur l’avenir des établissements à distance : « depuis un certain nombre d’années, on ne crée plus de nouvelles universités purement dédiées à l’enseignement à distance, alors qu’un grand nombre d’universités classiques se sont dotées de départements qui proposent des formations à distance, notamment depuis l’apparition des TIC » (2006 : 124). Le développement du e-learning accentuerait ainsi une nouvelle concurrence, préjudiciable aux établissements historiquement dédiés à la distance. En effet, depuis le début des années 2000, des dispositifs articulant des phases de formation en présentiel et des phases de formation à distance soutenues par un environnement technologique se développent au sein des établissements d’enseignement supérieur. Ces dispositifs, qualifiés d’« hybrides », présentent comme « caractéristiques majeures [...] l’articulation présence-distance et l’intégration des technologies pour soutenir le processus d’enseignement apprentissage », (Charlier et al, 2006 : 474). A travers ce concept se dessine un mouvement de convergence entre formations à distance et présentielles observé par de nombreux auteurs (Paquette, 2002 ; Peraya et Deschryver, 2002-2005).

Plus d’une décennie après, le pronostic semble se confirmer : perte massive d’étudiants à l’Université Ouverte de Grande-Bretagne (Pulker, 2016 ; Remond, 2017) ou incitations politiques à de nouvelles pratiques pédagogiques distancielles entrainant une hybridation progressive des universités traditionnellement en présentiel. L’effacement des frontières entre établissements se traduirait par une forme de circulation inédite des connaissances dans la société telle que la production de modules indépendants, le foisonnement de ressources éducatives, académiques ou non, ou les Cours en Ligne Ouverts et Massifs (MOOC en Anglais) qui ne sont plus le monopole des institutions universitaires. Selon Vinokur (2013), ces derniers ne répondent pas uniquement à des objectifs pédagogiques, mais aussi à des préoccupations politiques et économiques. En effet, l‘essor des nouvelles technologies facilite indéniablement la production et la diffusion de ressources en ligne. Cependant, il traduit également une évolution des institutions contraintes par une conjoncture politique et économique. Les facteurs conduisant à cette situation sont multiples. Ils relèvent d’une forte concurrence nationale et internationale, des politiques et des données économiques nationales. À travers le numérique, les stratégies se centralisent et s’internationalisent. C’est ainsi qu’est interrogé le rôle des TICE dans la globalisation (en tant qu’outil de libéralisation des produits éducatifs), dans la mondialisation (entendue comme « échanges internationaux de toute nature culturelle, démographique, sociale et politique », Tremblay, 2009), ou - pour adopter une approche humaniste d’échanges des savoirs- dans la mondialité (Dumas, 2006 ; Zarifian, 2004). A l’ère des sociétés de l’information et de la communication, les réflexions menées sur ces aspects seront ainsi envisagées au prisme d’une distance renouvelée et réinventée.

Les contributions à ce numéro de Distances et Médiations des Savoirs permettront de répertorier, de classifier et d’analyser les raisons politiques, sociales ou pédagogiques de l’évolution des établissements supérieurs vers la convergence entre distance et présence. Les propositions s’organiseront donc autour de plusieurs axes de réflexion qui interrogeront les nouvelles formes de concurrence des établissements bimodaux, la réorientation des politiques, les évolutions sociologiques et professionnelles des publics, ou encore le développement des MOOC en contexte de globalisation

Thèmes possibles

-  Les politiques institutionnelles d’hybridation et leurs incidences

De quelles manières les politiques, publiques ou privées, nationales et internationales influencent-elles l’hybridation progressive des universités ?

En réponse à ces incitations, quelles stratégies de développement de la distance sont mises en œuvre par les établissements traditionnels ? Et de quelle manière les établissements dédiés à la distance répliquent-ils ?

Quels critères de qualité et d’audit sont mis en œuvre par les institutions en ligne face aux institutions traditionnelles ?

-  Les pratiques pédagogiques de terrain en contexte d’ouverture

Quels sont les dispositifs pédagogiques qui répondent aux nouvelles orientations pédagogiques valorisant la distance, telles que les classes inversées ? Quels en sont les atouts ? Quels en sont les risques et les impacts ?

Dans quelle mesure les pratiques au sein des établissements traditionnellement en présentiel évoluent-elles ?

Quelles initiatives originales voient le jour pour répondre aux nouveaux enjeux d’hybridation et/ou de concurrence ?

Comment les ressources informelles sont-elles intégrées aux programmes universitaires obéissent à un cadrage ?

-  Appréhension de la distance : usages voulus, usages contraints

Dans quelle mesure l’évolution vers l’hybridation répond-elle à de nouveaux besoins professionnels et sociaux ?

Inversement, de quelle manière les outils de la distance parfois subtilement imposés par l’institution sont-ils appréhendés par les usagers ? Quels freins et quelles résistances émergent face aux innovations technologiques supposant la distance au sein d’établissements traditionnels ?

-  La dialectique entre l’institution et le pédagogue

Quel est actuellement le degré d’autonomie des pédagogues sur le terrain pour choisir entre présence, distance ou hybridation ?

Dans quelle mesure les MOOC participent-ils à légitimer des décisions institutionnelles de rationalisation (Bourdin, 2018 ; Remond, 2017) ? Dans quelle mesure suscitent-ils l’adhésion ou le rejet des acteurs ?

Les articles devront se plier aux exigences scientifiques : formulation des hypothèses ou objectifs de recherche, méthodologie ou méthodes mises en œuvre, références aux travaux comparables, mention des contextes (dont publics, institutions, dispositifs, technologies, etc.), résultats obtenus et mis en perspective. Les articles doivent être lisibles par les spécialistes, chercheurs et experts appartenant aux différentes disciplines visées par Distances et médiations des savoirs.

Les propositions d’articles doivent respecter le format et la ligne éditoriale demandés par la revue ; soit des articles de recherche, généralement de 20 à 25 pages, 30 000 à 50 000 signes (notes et espaces compris) répondant aux exigences académiques. Ces articles seront évalués en double aveugle par les membres du comité scientifique et ne seront publiés qu’après acceptation et révisions éventuelles.

DMS-DMK se veut une revue ancrée dans la francophonie, mais elle est également attentive aux contextes nationaux et aux travaux menés dans d’autres régions. Le phénomène d’hybridation des structures d’enseignement supérieur étant global, les études de cas permettant de dépasser les territoires francophones semblent alors particulièrement pertinentes. Ce numéro thématique offrira également la possibilité de publication en anglais et en espagnol (les textes en espagnol devront être traduits en français).

Pour ce numéro thématique, une manifestation d’intérêt sur la base d’un résumé d’environ 2 pages doit être envoyée avant le 15 avril 2019.

En ligne.