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La multimodalité dans l’enseignement-apprentissage des langues : quels enjeux ? - 7 décembre 2018

 

ESPE de l’académie de Paris

Site Molitor (10 rue Molitor, 75016 Paris)

L’objectif principal de cette journée d’étude sera de s’interroger sur les enjeux de la multimodalité dans l’enseignement-apprentissage des langues. Terme polysémique par excellence, la multimodalité consiste à « rendre l’information sensorielle accessible par différents modes sémiotiques » (Guichon & Cohen 2016), un mode correspondant au type de représentation sémiotique (textuelle, orale ou visuelle) utilisé pour présenter l’information et une modalité correspondant à la réalisation sémiotique d’un mode.

La communication est multimodale par essence dans la mesure où elle associe généralement plusieurs modes à travers les diverses ressources mobilisées (gestes, expression faciale, regards, déictiques et autres mouvements corporels...) pour donner du sens à un message. Il n’est donc pas surprenant que l’enseignement et l’apprentissage des langues, deux activités de communication par excellence, puissent être considérés comme des activités hautement multimodales. A quel(s) niveau(x) cette multimodalité est-elle la plus prégnante et quels en sont les effets ? L’étude de la multimodalité en didactique des langues peut ainsi se faire à différents niveaux :
-  au niveau de l’enseignant : l’ensemble des actions multimodales constituant les pratiques de l’enseignant a fait émerger le concept « d’agir professoral » (Cicurel 2011). Pour atteindre ses objectifs, l’enseignant doit en effet mettre en œuvre « toute une panoplie de stratégies verbales et mimo-gestuelles » (Azaoui 2014). On peut alors s’interroger sur les fonctions du geste pédagogique. Se pose également la question du geste pédagogique et de son impact sur la compréhension et la mémorisation (Tellier 2006) : de manière générale, sous quelles conditions l’action multimodale de l’enseignant a-t-elle un impact positif sur l’apprentissage ?
-  au niveau de l’apprenant : la perspective actionnelle du CECRL, qui prône une approche par les tâches, nous invite à nous intéresser à la multimodalité des interactions entre pairs dans le cadre de la réalisation de tâches sociales. Quelles ressources multimodales sont mobilisées par les apprenants, dans quelles configurations et dans quels buts ? On pourra également s’interroger sur le rôle du corps en action (paradigme de l’enaction) et sur l’impact des pratiques théâtrales dans l’apprentissage des langues (Aden 2017).
-  au niveau des ressources et environnements d’apprentissage : dans le cadre des apprentissages par le numérique, l’interactivité offerte par les environnements d’apprentissage médiatisé par les technologies, multimodaux par nature, serait au cœur des affordances de ce type d’environnement pour l’apprentissage des langues. On pense, par exemple, à la multimodalité des échanges pédagogiques médiatisés (interactions pédagogiques enseignant-apprenants ou interactions entre pairs), qu’ils soient synchrones ou asynchrones : quelles ressources multimodales y sont mobilisées et dans quel(s) but(s) ? On pourra également s’interroger sur l’apprentissage sur corpus multimodaux (ASC, ou data-driven learning) et sur l’apport d’outils numériques à la formation des formateurs d’enseignants de langues.

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