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Lier recherche et formation professionnelle : des corpus à l’interface - 16 novembre 2018,

 

Journée d’étude organisée par l’axe Ca2li

CLARIN User Involvement Event

Laboratoire de Recherche sur le Langage

Université Clermont Auvergne

9h-16h30

En sciences humaines, les recherches autour des corpus ne sont pas nouvelles mais elles ont connu dans les dix dernières années un regain d’intérêt d’une part, par le recueil de corpus non simplement écrits mais caractérisés par la multicanalité, la polysémioticité, l’(a)synchronie et l’hybridation, d’autre part, par le développement de méthodologies et d’outils de standardisation et d’annotation de ces corpus hétérogènes et enfin, par la mise en place d’infrastructures nationales et internationales permettant le partage de ces corpus dans les différentes communautés scientifiques.

Aujourd’hui, sur le plan scientifique donc, les chercheurs disposent de nombreuses banques de corpus standardisés qu’ils peuvent exploiter pour leurs analyses (ex. Ortolang, 2017). C’est vrai pour les sciences du langage et les sciences de l’éducation où l’on trouvera des corpus de situations d’interactions pédagogiques filmées (Muller et al., 2016 ; Roche et Gal-Petitfaux, 2015 ; Veillard et Tiberghien, 2012) ou bien encore complètement médiées par les technologies (Mulce, 2015 ; Guichon et al., 2014). C’est également vrai pour les chercheurs en sciences médicales ou psychologiques qui bénéficient de corpus variés de questions de pathologies médicales (LPL, 2012), qui conduisent des recherches sur des corpus spécialisés de textes médicaux (Maniez, 2011) ou encore d’entretiens cliniques (projet DECLICS (Dispositif d’Etudes CLIniques sur les Corpus Santé) ; Tanguy et al., 2011 ; Vasile, 2011).

Parallèlement à ces recherches sur/avec corpus, on sait que sur le plan pédagogique, les enseignants avec des apprenants, notamment de langues, utilisent des corpus, encore le plus souvent textuels, soit constitués en banques organisées de ressources, soit rassemblés à partir de diverses sources (internet en étant la principale) sans mise en forme particulière et ce, pour le travail du lexique, de la syntaxe, pour la traduction, etc.

Il apparaît aujourd’hui que l’utilisation des corpus pour la formation de praticiens, de professionnels de terrain est encore assez peu documentée. Des initiatives existent, cherchant à promouvoir le lien recherche et formation via ces corpus (Falvard et Auriac-Slusarczyk, n.d. ; Guichon et Tellier, 2017 ; NéoPass@ction, n.d. ; Wigham et Chanier, 2014) mais on constate que ce lien recherche / formation est encore trop souvent envisagé dans sa dimension de transmission des connaissances issues de la recherche et moins dans d’autres formes d’appropriation de ces “produits” de la recherche que constituent ces corpus par les professionnels.

L’objectif de la journée d’étude “Lier recherche et formation professionnelle : des corpus à l’interface” se veut exploratoire et pluridisciplinaire. Il s’agit d’établir un état des lieux des pratiques de l’utilisation des corpus notamment multimodaux en formation professionnelle - que ce soit dans le domaine de la santé, de la rééducation du langage ou de la formation des enseignants de différentes disciplines -, d’identifier les besoins qui émergent chez les formateurs dès lors que l’on envisage l’exploitation de corpus en formation de même que les freins qui peuvent exister à l’utilisation de ces mêmes corpus.

Si la question de la définition du terme même de “corpus” se posera d’évidence, les problématiques de l’interrogation de ces corpus par les formateurs et des tâches d’apprentissage à construire à partir de ces corpus paraissent inévitables :
-  Alors qu’il est difficilement envisageable que des formateurs se forment préalablement aux outils actuellement utilisés par les chercheurs dont les corpus sont la matière première, comment des professionnels novices en matière de corpus peuvent-ils interroger les corpus pertinents pour la pratique ?
-  Quelles interfaces pour interroger les corpus à des fins de formation ?
-  Comment transformer des extraits de corpus en objets de formation “lisibles”, accessibles pour les professionnels/praticiens de terrain ?
-  Comment rendre explicite et simple les différents dimensions du contexte dans lequel a été recueilli le corpus afin de faciliter la compréhension ?
-  Quelles tâches peut-on construire à partir de ces corpus pour permettre une appropriation par les formés ? Des chercheurs proposent des tâches de réflexivité, via des activités d’auto-confrontation à sa pratique (à partir de séquences filmées) ) par exemple ou encore des tâches d’analyse de traces d’actions pertinentes des praticiens.

Cette journée d’étude s’organise en deux axes : formation des enseignants et formation en santé. Les discussions avec le public seront privilégiées. Un appel à contributions dans des actes sera lancé suite à la journée et sera ouvert à tous.