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    Autoformation et multimédia    Didactique    Linguistique    Ingénierie de formation

F. Demaizière conférence à l’université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand (26 avril 2002)

TIC et enseignement / apprentissage des langues : d’une logique d’enseignement à une logique d’apprentissage

 
Une évolution générale
Les TIC, de quoi s’agit-il ?
Quels lieux pour une utilisation des TIC ?
Quels dispositifs ? (Enseignement ou apprentissage ?)
Quel encadrement pendant l’utilisation des TIC ? (Enseignement ou apprentissage ?)
Quels contacts entre l’apprenant et les autres apprenants, le ou les enseignants, les tuteurs, les personnes ressources... ?
Quelques mots-clés, en général interprétés très diversement d’une situation à une autre
Quelques cas de figure typiques
Quelques questions ou problématiques récurrentes
Quelques modestes conseils de bon sens
Eléments d’information. Quelques points d’entrée

Une évolution générale


En didactique des langues, autour de l’introduction des TIC, on constate cette évolution d’une logique d’enseignement à une logique d’apprentissage, en tout cas au niveau des discours affichés. Pour chaque cas envisagé il convient donc de se demander quelle est, de fait, la logique dominante.

Les TIC, de quoi s’agit-il ?


Autrefois l’EAO, puis les applications pédagogiques de l’informatique, le multimédia, les NTF, les NTE, les TIC(E), le e-learning...
Quelles technologies de l’information et de la communication aujourd’hui à la disposition des enseignants et apprenants de langues ?
-  Des logiciels, pédagogiques ou non (didacticiels, bases de données, produits culturels, ludo-éducatifs, parascolaires...).
-  Des sites ou des portails sur la Toile (information pour enseignants, sites pédagogiques, sites grand public, campus numériques...).
-  Des dispositifs de visioconférence.
-  Le courrier électronique (échanges individuels, listes de diffusion...).
-  Les "chats" (dispositifs de bavardage, de "tchatche"), les forums de discussion, les MOOs et les univers virtuels.
-  Les plates-formes de "e-learning". Egalement : des logiciels de "laboratoires de langues multimédia", des logiciels ou systèmes-auteurs pour la création de matériaux pédagogiques (pour Internet, cédéroms, laboratoires de langues).

Quels lieux pour une utilisation des TIC ?


-  Une salle de cours multimédia.
-  Un laboratoire de langues multimédia.
-  Un centre de ressources institutionnel (universitaire, centre de ressources d’une école de langues...).
-  Des salles de libre service informatique.
-  Des centres de ressources délocalisés (EPN -espaces publics numériques, cyberbases, maisons du savoir...).
-  Des lieux de documentation ou d’information se donnant également une vocation de médiathèque, centre de ressources : CDI, bibliothèques municipales ou universitaires...
-  Le domicile. S’interroger sur la disposition des lieux et ce qu’elle suggère, permet, empêche... (enseignement ou apprentissage ; liberté ou suivi "fort" des apprenants ; présence de l’institution ou apprenants en situation d’autodidaxie.).

Quels dispositifs ? (Enseignement ou apprentissage ?)


-  TIC introduites ponctuellement dans le cours de langue : un plus à une séquence restant "classique" dans son orientation, les TIC enrichissent l’existant.
-  TIC permettant une diversification, une individualisation ponctuelle (séances en centre de ressources de temps en temps avec préparation et / ou reprise en groupe).
-  Formation offrant du présentiel et un accès à un centre de ressources pour X heures.
-  Formation hybride, mixte : du présentiel et une partie à distance (visioconférence, consultation de cours ou de documents en ligne...).
-  Dispositif d’autoformation guidée : une ingénierie différente, le point d’entrée n’est plus le présentiel ni le groupe ; importance du tutorat (autoformation guidée en centre de ressources institutionnel - non présentiel mais sur place, ou autoformation à distance).
-  Formation (ouverte) à distance (à partir de "cours", d’exercices ou de documents "classiques", ou travail coopératif ou collaboratif à distance, forums, écran partagé...).

Quel encadrement pendant l’utilisation des TIC ? (Enseignement ou apprentissage ?)


-  L’enseignant habituel, responsable du groupe.
-  Un formateur de la discipline encadrant les séances en centre de ressources.
-  Une personne ressource non disciplinaire.
-  Un technicien.
-  Une personne chargée de l’accueil, de la distribution des documents, des réservations... S’interroger (en liaison avec l’aménagement des lieux), sur la localisation de la ou des personnes présentes (une personne qui "surveille" le travail et voit les écrans des apprenants, une personne qui se tient à l’écart et n’intervient que si on la sollicite...).

Quels contacts entre l’apprenant et les autres apprenants, le ou les enseignants, les tuteurs, les personnes ressources... ?


-  Contacts de groupe.
-  Contacts individuels (entretiens de tutorat individuels, par exemple).
-  Contacts en face à face ou à distance, synchrones ou asynchrones.

Quelques mots-clés, en général interprétés très diversement d’une situation à une autre


-  Individualisation.
-  Autonomie.
-  Autoformation.
-  Navigation.
-  Interactivité.
-  Tuteur.

Quelques cas de figure typiques


-  Recherche d’informations (sur la Toile, dans des bases de données), de documents authentiques (pour l’apprenant, pour l’enseignant).
-  Attrait pour des logiciels "ouverts" et création de ressources (exercices, sites...) en interne pour mieux répondre aux besoins locaux (est-ce "raisonnable", la qualité et la richesse souhaitables seront-elles au rendez-vous ?).
-  Appui sur de l’existant et choix de produits "fermés", créés par des spécialistes, professionnels du multimédia ou collègues plus expérimentés (est-ce adapté, la qualité pédagogique est-elle au rendez-vous ?).
-  Création par les apprenants.
-  Les TIC pour s’informer, échanger des expériences, communiquer à distance (entre enseignants, entre enseignants et apprenants, entre apprenants : mél, forums...).
-  Les TIC pour la remise à niveau.
-  Les TIC pour moderniser les laboratoires de langues.
-  Autonomisation de l’apprenant, dispositif lui donnant plus de maîtrise (autoformation guidée, formations ouvertes...).
-  Travail coopératif, collaboratif, pédagogie du projet grâce aux TIC.

Quelques questions ou problématiques récurrentes


-  Disparition des enseignants ?
-  Nouveaux rôles, nouveaux métiers pour les enseignants de langues (tutorat, création de matériaux pédagogiques multimédia, ingénierie de formation, animation de séances de regroupement dans des dispositifs "ouverts" ou à distance...) ?
-  Enrichir des pratiques existantes grâce aux TIC ou utiliser les TIC pour modifier qualitativement le dispositif pédagogique ?
-  Travail solitaire ou artisanal de l’enseignant, ou travail en équipe (équipe plus ou moins orientée vers l’industrialisation) ?
-  Quelle technicité nécessaire pour "se mettre aux TIC" ?
-  TIC et compétence / expérience didactique et pédagogique adaptée.
-  Quelle information donner aux enseignants ?
-  Quelle formation (ce qui est différent de l’information) ?
-  Quel suivi pour une équipe qui entre dans un ou des dispositifs nouveaux ?
-  Comment gérer l’innovation ?
-  Pourquoi ce qui a marché ailleurs ne marche(ra) pas ici ?
-  Les pionniers, les enthousiastes convaincus, les "mordus" face aux enseignants réticents, lucides, frileux...
-  Nouvelles pratiques, nouvelles approches ou nouvelles étiquettes et nouvelles façades technologisées pour des approches inchangées ?
-  Prescription par l’enseignant ou initiative de l’apprenant (dans quelles limites ?). Quelle intervention / ingérence pédagogique ?
-  Individualisation, FAD (formation à distance) et harcèlement pédagogique.
-  TIC et surcroît de temps de travail.
-  Laboratoire de langues multimédia ou centre de ressources ? Quel lieu pour quelles activités, quels choix pédagogiques, quels dispositifs ?
-  Le multimédia et l’oral : compréhension, expression (potentialités, précautions...).

Quelques modestes conseils de bon sens


-  Prendre la mesure : de la diversité des possibilités et de la force des habitudes.
-  Ne pas se laisser impressionner indûment par la technique, les techniciens et encore moins par les technicistes mais se donner les moyens d’engager le dialogue et de faire entendre la voix de la pédagogie et de la didactique.
-  Prendre la distance nécessaire par rapport aux discours à l’emporte-pièce, qu’ils soient enthousiastes ou critiques. Pas d’antipédagogisme ("les enseignants et la pédagogie assassinent les petits Mozarts, laissons les apprenants entrer en contact direct avec les Prix Nobel ou les locuteurs natifs grâce à la Toile et ils apprendront"...). Mais pas de sous-estimation systématique des capacités d’initiative et de prise en charge des apprenants ("comment pourraient-ils apprendre "sans moi", si je ne suis pas dans la salle, si je ne peux pas consulter tous leurs résultats ; ils ont tellement de problèmes pour se débrouiller devant la tâche la plus simple si on ne leur explique pas, il faut les encadrer, vérifier à toutes les étapes"...).
-  Privilégier les choix qui n’empêcheront pas les évolutions futures (cf. le choix entre laboratoire de langue et centre de ressources).
-  Ne jamais sous-estimer sa professionnalité de didacticien pédagogue : une compétence didactique est nécessaire pour évaluer l’intérêt véritable d’un logiciel ou d’un dispositif de formation. Mais il faut savoir se tourner et tourner cette compétence vers de "nouveaux" supports, dispositifs, situations d’apprentissage.
-  Ne pas surestimer ce qui se passe dans un cours de langue "classique" (on n’y repère pas toujours les problèmes de chaque apprenant, loin de là, par exemple).
-  Ne pas rêver à d’impossibles miracles technologiques ("on va gérer les apprentissages de la gestuelle culturelle à distance grâce à la visioconférence" - pas encore...). Mais observer sans a priori les potentialités offertes par les TIC.

Eléments d’information. Quelques points d’entrée



-  Dossiers de l’ingénierie éducative - Des outils pour les langues. (2001), no 35, juin.

-  Études de linguistique appliquée -Apprentissage des langues et environnements
informatiques hypermédia
. (1998), no 110. (plusieurs articles orientés FLE)

-  Le français dans le monde - Apprentissage des langues et technologies : usages en émergence. (janvier 2002).

-  Les langues modernes - Les nouveaux dispositifs d’apprentissage des langues vivantes. (2000), no 3.

-  ALSIC - Apprentissage des Langues et Systèmes d’Information et de Communication.
Revue sur Internet : http://alsic.org (adresses de nombreux sites pertinents dans la Toilthèque)

-  Le café pédagogique Site, lettre envoyée par mél, orienté enseignement secondaire mais des références au FLE : http://www.cafepedagogique.net

-  Competice - Outil de pilotage par les compétences des projets TICE dans l’enseignement supérieur. Document disponible sur le site de Algora (http://ressources.algora.org/reperes/competences/formateur/competice.asp)