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Formations "ouvertes" - Qu’est-ce donc que l’ouverture ?

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1. L’aventure pionnière de l’Open University britannique

Le projet d’université "ouverte" du gouvernement travailliste britannique impliquait d’ouvrir à tous l’enseignement supérieur. Deux aspects étaient importants : 1) pas de condition de diplôme pour s’inscrire ; 2) accessibilité de la formation en termes matériels, il faut pouvoir accéder à la formation sans quitter son travail, son lieu de vie. On crée une université qui ne s’appuie pas sur les diplômes obtenus pour accorder le droit de s’inscrire et qui, par ailleurs, fonctionne à distance de manière à pouvoir atteindre au mieux son public potentiel. Les deux aspects de l’ouverture vont avoir tendance à se confondre d’autant plus que l’Open University est un succès et fait vite figure de modèle (pour les langues, voyez les travaux de Marie-Noëlle Lamy en particulier, une référence dans notre milieu). Pourtant une formation peut être ouverte sans condition de diplôme sans pour autant être une FAD (formation à distance) et une FAD n’est pas nécessairement ouverte sans condition d’entrées strictes.

2. Le courant de l’autoformation

Ce courant n’a pas, à ses débuts, fait d’usage du terme "ouvert", il a insisté sur le "apprendre par soi-même, sur l’initiative de l’apprenant, la prise en charge de son itinéraire de formation (voir par exemple le manifeste du Graf (groupe de recherche sur l’autoformation) ou bien le texte de synthèse). Mais depuis l’arrivée en force de la FAD, les spécialistes de l’autoformation se sont tournés vers ce domaine. On a ainsi vu des membres du Graf rejoindre le collectif de Chasseneuil pour la conférence de consensus qui a abouti à un ouvrage (Collectif de Chasseneuil, 2001, Accompagner des formations ouvertes - Conférence de consensus. Paris : L’Harmattan) proposant une définition des formations ouvertes à distance.

"Une Formation Ouverte et A Distance :
-   est un dispositif organisé, finalisé, reconnu comme tel par les acteurs ;
-   qui prend en compte la singularité des personnes dans leurs dimensions individuelle et collective ;
-   et repose sur des situations d’apprentissage complémentaires et plurielles en termes de temps, de lieux, de médiations pédagogiques humaines et technologiques, et de ressources.
"

Vous pouvez constater que le consensus recherché a déjà passablement affaibli la force des idées d’origine de l’autoformation, néanmoins il ne s’agit pas de toute FAD, des conditions sont posées.

3. Définition institutionnelle

De son côté la Délégation à la Formation Professionnelle (aujourd’hui DGEFP) indiquait : "Par l’expression formations ouvertes, il est proposé d’entendre des actions de formation qui s’appuient, tout ou partie, sur des apprentissages non présentiels, en autoformation ou avec tutorat, à domicile, dans l’entreprise ou en centre de formation" (Alain Bendouba, 1992, cité par Annie Jézégou, 1998).

On voit que la perspective est autre. Devient "ouvert" tout ce qui est non présentiel. Toute formation à distance est une formation ouverte dans le temps et dans l’espace. On modernise l’appellation "enseignement à distance", et on positive l’enseignement non présentiel (expression à connotation négative). On insiste sur le côté libérateur de la distance. C’est la distance qui permet de prendre de la distance (expression positive elle aussi), plutôt que d’être tenu à distance (de l’enseignant et de l’institution de formation).

4. La FAD est-elle ouverte, entr’ouverte, fermée... ?

Il est clair que dans le langage courant d’aujourd’hui, tout comme l’autoformation est réduite au sens de travail individuel (face à un écran), la FAD est quasi systématiquement accompagnée du qualificatif "ouvert".

Certains s’insurgent contre cette assimilation. Voici une citation d’Annie Jézégou, spécialiste de l’autoformation (1998, La formation à distance : enjeux, perspectives et limites de l’individualisation. Paris : l’Harmattan, page 56)

Est-il pertinent de qualifier la formation "à distance" de formation "ouverte" ? Tout d’abord, on peut insister sur l’accessibilité, en considérant comme "ouverte", une formation qui n’impose à l’entrée aucune condition préalable à ceux qui désirent s’y engager. Ensuite, on peut mettre l’accent sur les dispositifs techniques qui permettent d’affranchir les apprentissages des contraintes de temps et de lieux. On peut, enfin, attirer l’attention sur la qualité de l’infrastructure et la logistique pédagogique qui entourent l’apprenant placé en situation d’apprentissage autonome à distance. Mais, en avançant de tels arguments, on se détourne du principe fondamental du concept de formations ouvertes, à savoir : les possibilités offertes à l’apprenant dans le choix et la négociation des différents aspects de sa formation.

En conséquence, le qualificatif "ouvert", juxtaposé à celui de "distance", ne peut trouver sa raison d’être que dans la mesure où les modes d’organisation pédagogique permettent à l’individu de devenir "acteur" de sa formation.

La question du degré d’ouverture, et donc de liberté, accordé par l’institution de formation à distance à travers son fonctionnement et son organisation pédagogique, se situe au centre des enjeux de l’ingénierie des dispositifs de formations individualisées à distance.

5. Une source complémentaire intéressante

Le "petit lexique de la formation ouverte et à distance" du Centre Inffo reprend les idées ci-dessus.

Maintenant à vous de rester vigilants pour les termes que vous rencontrez et employez !